Jeanne Neis Nabert
(n. 1 Ian 1920)
„Pont-Croix (Finistère), Bretagne, France”
" Jeanne Neis Nabert, (1883-1969) est un écrivain français du début du XXe siècle. Elle est la fille du Dr. Pierre Nicolas Christian Néis, médecin à"
Niciun text în limba română.
Texte în alte limbi:
Violet
Sur l’étang rose-bleu, sur le bois violet Le soir descend rêver aux palais d’améthyste, Svelte dans les roseaux qu’elle cueille, un peu
La neige du chemin
La neige d’aubépine embaumait le chemin, Nous allions tous les deux nous tenant par la main, Des oiseaux bâtissaient un nid au fond des
Au plus secret des plis ombreux…
Au plus secret des plis ombreux Où le vol gris du soir essaime Les rideaux chuchotent entre eux « Il va venir celui qu’elle aime ! » Tous les
Emplis ton regard de lumière…
« Was man von der minute ausgeschlagen Giebt Keine ewigkeit Zurüek » Schiller Emplis ton regard de lumière, Emplis ton cœur de
Ils demandent pourquoi je pleure…
Ils demandent pourquoi je pleure, Pourquoi les yeux toujours là-bas Je semble attendre en ma demeure Quelqu’un qui ne reviendra pas… Ils
Regardez-moi Seigneur...
"Tu ne me chercherais pas Si tu m’avais déjà trouvé." Regardez-moi Seigneur ! Seigneur je vous appelle Ah ! par pitié répondez-moi J’ai
Enfance
C’est une paysanne, elle est vieille, fanée, Elle coud sans relâche, et d’année en année Elle penche toujours un peu plus son front blanc Et
J’ai passé deux ans d’existence…
J’ai passé deux ans d’existence Mon amour à t’aimer en vain, Tu souriais de ma constance Et je pleurais de ton dédain… Pourtant si maintenant
Voici le soir…
Voici le soir, ferme tes yeux, Ils ont vu tant de tristes choses, Si vainement prié les cieux, Si vainement cherché les roses… Voici le soir,
Si tu peux
L’amour est une chose triste Qui met des larmes dans les yeux, Ne lui cède jamais, résiste, Crois-moi, n’aime pas – si tu peux ! L’amour c’est
Apaisement
Viens, tais-toi, l’ombre est douce au cœur qui se déchire Et je souffrirai moins sous les arbres en fleurs ; Je sens autour de moi la terre qui
Quand même
À Mlle Lucile Neis La route est longue et le ciel noir, Voici le morne et triste soir Qui descend de l’horizon blême ; Pas de rayons
Le cimetière du couvent
Le sommeil de la nuit sur le sommeil des mortes Déploie en soupirant ses voiles parfumés, Le couvent a laissé tomber ses lourdes portes Scellant
Dis-moi : « Je t’aime » et je veux croire…
Dis-moi : « Je t’aime » et je veux croire Si tu n’ajoutes pas : « toujours » Je sens, encor, dans ta mémoire Agoniser d’autres amours… Et
Dans la détresse des adieux
Dans la détresse des adieux On se regarde au fond des yeux Longtemps, longtemps comme en prière Puis se détournant éperdus Sachant que c’est
Soyez mon refuge...
Soyez mon refuge à l’instant suprême, Quand, impérieuse et tendre à la fois, Après si longtemps j’entendrai sa voix Me dire : « Je
Où s’en vont-elles ?
Tant de voiles à l’horizon, Où s’en vont-elles, s’en vont-elles ? Les vents du ciel sont infidèles Et menteuse est l’inclinaison. Tant
Le front proche, les mains unies…
Le front proche, les mains unies Nous regardons se déployer En sarabandes infinies Les folles flammes du foyer. Leurs furtives
Chant du désert
Imité de Kennely Ah ! si tu veux garder le bonheur dans tes yeux, Si tu rêves tes jours, enfant, comme une fête, Si tu veux n’écouter que les
J’écris pour toi ces vers…
J’écris pour toi ces vers, pour qu’à travers le monde Je te puisse donner quelque chose de moi, Pour qu’entre les défunts cherchant une
J’ai voulu retourner vers toi dans ma détresse…
J’ai voulu retourner vers toi dans ma détresse, J’ai voulu demander un fantôme au passé… Hélas ! ce qui restait de toute ma tendresse L’unique
Le ciel est gris, glabre, glacé…
Le ciel est gris, glabre, glacé Sur les toits transis, tristes, ternes Un rire énorme, convulsé, Tremble à la vitre des tavernes Dans l’air
J’ai crié vers vous…
De Profundis clamavi ! J’ai crié vers vous du fond de l’abîme. Ô Seigneur écoutez ma voix ! Vous avez hélas ! fait trop doux mon
Non tu ne connais pas mon triste et doux pays…
Non tu ne connais pas mon triste et doux pays, Tu n’as pas entendu les vagues sur la grève, Tes yeux n’ont jamais vu passer dans le ciel gris La
Le jeune printemps épouse la nuit…
Le jeune printemps épouse la nuit ; Sous ses longs rideaux d’alcôve fermée Le bois clos et sourd berce un dernier bruit, En son lit profond la
Tu ne sais pas combien je t’aime…
Tu ne sais pas combien je t’aime. Tu compterais plus vite et mieux Combien d’astres au fond des cieux Quand la nuit met son diadème… Tu
Les sardinières
Les sardinières de Bretagne Ont des regards fripons et clairs, L’amour qui chante sur les mers Tout en riant les accompagne. On les voit par
Autrefois
Autrefois vous aviez des cheveux d’or si pâle, Qu’ils étaient confondus avec l’or du soleil, Vous aviez des yeux purs, un beau regard pareil Aux
Hélas ! je ne sais pas pourquoi je viens te voir…
Hélas ! je ne sais pas pourquoi je viens te voir… Nous ne dirons jamais le mot qui nous oppresse ; Mes yeux en souriant voileront leur
Je t’aime, sous l’amour mon cœur a défailli…
Je t’aime ! sous l’amour mon cœur a défailli. Mon cœur se brise au poids trop lourd de ses tendresses, De mes yeux oppressés les larmes ont
Par le trou clair de la serrure…
Par le trou clair de la serrure Le vent qui souffle m’a dit : « Viens ! » - -Où m’en irais-je ? –À l’aventure ! - -Vers quels horizons ? –Loin
Jardin où l’automne est vainqueur…
Jardin où l’automne est vainqueur Il a plu toute la journée De la tristesse dans mon cœur Et la fleur Espoir s’est fanée… des Goutte à
Tous deux s’aimaient sans se le dire…
« Sie liebte sich beide » Heine. Tous deux s’aimaient sans se le dire ; Ils échangeaient comme au hasard, Quelquefois un furtif
Si vous avez le soir pleuré de nostalgie…
« De sterne die begehrt man nicht… » Goethe. Si vous avez le soir pleuré de nostalgie, Si vous avez tendu les bras Vainement, follement,
Je ne sais qu’une chose en ce monde…
Traduit de Margarith Süsmann. Je ne sais qu’une chose en ce monde : Aimons-nous Voyageurs que la vie assemble sur la grève, Nous vagabonds,
Si tu fuis mon ombre assise à ton seuil…
Si tu fuis mon ombre assise à ton seuil Je devancerai tes lointaines courses, Tu verras passer mon visage en deuil Dans tous les miroirs dans
La neige ensevelit la mousse…
La neige ensevelit la mousse, Les étangs gris ferment les yeux, La neige tombe, tombe douce Comme un baiser silencieux. Cependant, là-bas
L’amour est fou, l’amour triste…
L’amour est fou, l’amour triste, Il pleure au fond de tous les yeux, Ne lui cède jamais : résiste Crois-moi, n’aime pas – Si tu peux ! Ton
Le violon
I Dès l’aube il a pris le cher violon, Ils s’en vont tous deux à travers la ville, Le pauvre vieillard, l’instrument docile ; L’un n’est
La tristesse de notre amour
La tristesse de notre amour Ce ne sont pas les larmes vaines, Ce n’est pas le sang de nos veines, Ce n’est pas d’aimer sans retour, Ni tous
Soir de juin
Dans les marronniers blancs, les aubépines roses, Tous les nids sont muets, toutes les fleurs sont closes, Et seul le vent du soir effleure les
Étoile du soir
Belle étoile du soir que j’aime et je contemple, Lorsque le jour s’enfuit morne et silencieux, C’est toi la lampe d’or du plus auguste
Ô printemps
Quand nous étions encor de petits enfants blonds Et que le mois de mai modulait des chansons, Nous allions jusqu’au soir explorer la
Fidélité
Ce n’est pas une demoiselle Qu’une parure de dentelle, Comme d’autres, peut consoler : Si vous alliez à mon village, Vers la blanche et
La Joconde
Plus dangereuse que sur la route de Thèbes, À l’ombre des cactus et des oliviers bleus Le grand Sphinx affamé de vierges et d’éphèbes Quel
Si je savais où tu demeures….
« Si je savais où tu demeures, Disais-tu, je t’apporterais Pour fleurir tes premières heures Des chrysanthèmes en secret. » Hélas ! et je
Quand tu m’as prise dans tes bras…
Quand tu m’as prise dans tes bras Et que tout bas tu me consoles, Donne un baiser… Ne parle pas… Je ne crois pas à tes paroles… Tu les as
Le secret
Vous l’accuserez tous vainement : elle est morte… Vous ne trouverez pas sa tombe : elle est trop loin Ses doux cheveux n’ont pas contre l’étroite
Bleu
Sous ses voiles d’azur qu’enfle la fantaisie La nacelle du rêve aborde aux flots bleus, Debout au gouvernail mon âme s’extasie Et se fond au
Jaune
La fanfare des ors éclate dans l’aurore. De l’ardente fontaine ouverte à l’horizon, Chaque goutte de feu, tintant par l’air sonore, Sur le sol
Orange
Octobre se lamente au tombeau de l’été ; Abîmé sanglotant en son grand deuil orange, Il déchire en lambeaux ses voiles dans la fange Et sur la
La grille grise de la pluie…
La grille grise de la pluie Aux fins treillages indécis Fait de la chambre où je m’ennuie Une étroite cage à soucis. Je me meurs du désir de
Coquetterie
Ne dis pas non ! Rien de si triste ! Et quelle femme alors résiste Aux plaintes de son amoureux ? Mais la pitié, la belle affaire ! Lorsqu’il
La mort de l’été
L’été traqué dans les allées Laisse les traces de son sang Sur les bords rouges de l’étang Sur les feuilles amoncelées. Les averses l’ont
L’enfant du bûcheron
L’enfant du bûcheron était devenu pâle. On ne sait quelles voix les appellent aux cieux, Tous ces doux oiselets ! mais avant la rafale Ils se
Souvenir
I Le soir était venu… Les étoiles naissantes S’allumaient en tremblant Pour inonder bientôt de lueurs caressantes Tout le grand
Vert
Entends comme la brise agile, allègre, alerte, Sans s’essouffler jamais poursuit par les halliers Poursuit éperdument la sarabande verte Jusqu’à
Automne, crépuscule, amour perdu…
« La terre est pleine de fantômes » Ibsen Automne, crépuscule, amour perdu… c’est l’heure Où sortant de la nuit du passé, tour à tour Des
C’est la dernière nuit passée en la mansarde…
C’est la dernière nuit passée en la mansarde Ô chambre des rêves… Adieu ! Ne dis pas le secret que je laisse à ta garde Tu le connus seule
Soleil couchant
Ainsi qu’une galère en flamme Le soleil sombre dans la mer ; Ses rayons d’or rament dans l’air Des flots de pourpre et de carthame. Des
Laisse avant qu’il ne soit trop tard…
Laisse avant qu’il ne soit trop tard Tous les reproches, tous les doutes Et si jamais tu les écoutes Rappelle-toi mon seul regard ! Laisse
Crépuscule
L’heure équivoque, inquiétante Comme un androgyne aux yeux gris, Glisse, à travers les tamaris, Son doux visage à double entente. L’amant
L’orage
Vous en souvenez-vous, nous étions sous un chêne Par un matin d’avril et nous avions vingt ans… Le parc était désert, notre âme était
Plus tard
Plus tard, quand je serai la « Vieille Demoiselle » Quand mes cheveux enfin seront devenus gris, Vous laisserez venir sans que je les appelle
L’heure est venue
L’heure est venue – Il faut s’épanouir jeune âme, Car le printemps ruisselle en tes veines de femme Comme la sève monte au sein des lis en
Rêverie
Le jour s’achève Et sur la grève L’Océan rêve – L’âme des flots Chante à voix basse, Puis dans l’espace S’élève et passe En longs
Les glaneurs
I Quand le soleil est bas sur l’horizon des blés Et que les moissonneurs aux fermes sont allés, De pâles enfants blonds, troupe lente,
La pêcheuse
Le soleil est levé, la plage est découverte, La pêcheuse au pied rose est partie en riant, Et court déjà là-bas sur la côte déserte, Où les
Inconstance
Mon cœur est un oiseau volage Qui se repose à chaque instant, Il cherche l’ombre du feuillage Mais ne s’arrête qu’en passant. Puis il
Exil
Le jardin me disait : « Ne pars pas, car mes fleurs À ton retour seront fanées. » Et les arbres vers moi s’inclinaient tout en pleurs Ô
Nostalgie
Là-bas vers l’occident une petite ville Au bord de l’Océan s’endort sous le ciel gris, La pluie entre les seuils vermoulus se faufile L’ouragan
Ne détournez pas de moi…
Ne détournez pas de moi votre face, Mon triste cœur s’est consumé, Mon cœur ô Seigneur vous demande grâce Ramenez-moi le Bien-Aimé ! Mon
L’île de Sein
Le soir effeuille l’or des pavots sur la dune, L’île des sept sommeils s’endort entre les flots, Comme un navire au clair de lune Abandonné des
Je rêve étendue…
« Je suis descendu au fond de la mer Et la tempête m’a submergé » Psaume LXVIII I Je rêve étendue au bord du rivage, La mouette crie au
Berceuse de mort
Dormez, fermez les yeux puisqu’ils sont pleins de larmes, Dormez, penchez le front puisqu’il est triste et las, Car l’Ange de la mort vous
La folle
Quand elle s’inclinait au bord des eaux dormantes Pour mirer son visage ou moissonner des fleurs, Elle avait la beauté des lointaines
Soir de mai
Un angelus lointain égrène sa prière, La dernière alouette appelle doucement Ses petits vagabonds épars sur la bruyère, Et le beau soir de Mai
Être à toi sans retour, être à toi sans mesure…
« Süss ist jede verschwendung O lass mich der schonsten geniessen ! » Goethe. Être à toi sans retour - être à toi sans mesure - Être à toi
À la mer
Où trouver des mots assez bleus Pour te dépeindre tout entière Comme un saphir miraculeux Sur une bague de lumière. Où trouver des mots assez
Automne
La brume ourdit à l’horizon Ses longues toiles d’araignée, Sur les bois en effeuillaison Le vent fait siffler sa cognée. Le soleil est comme
L’air est si lourd, la ville est vide…
L’air est si lourd, la ville est vide. Au détour des chemins l’ennui M’attend et me traîne après lui. -Même le rêve est insipide Même tes
J’ai rêvé cette nuit que tu m’ouvrais les bras…
J’ai rêvé cette nuit que tu m’ouvrais les bras Et que pour m’assurer enfin de ma conquête Près de ton cœur vaincu j’avais posé la tête. - La
Nous lisions
« Ce jour-là nous ne lûmes pas plus avant » Le Dante (L’Enfer) Nous lisions je ne sais quelle histoire d’amour, Comme le vol errant d’une
La Toussaint
« Ne parlez pas d’amour lorsque sur la paroisse Le glas des trépassés jette sa lourde angoisse Mais saisis de pitié, tremblant d’être
Ce long regard qu’un soir d’Avril
Ce long regard qu’un soir d’Avril Tu me jetas à la fenêtre, Ce long regard : où peut-il être, Ce long regard où donc est-il ? Ce baiser dans
Les fenêtres
À l’assaut des grands murs monte l’obscurité ; Mais les fenêtres d’or sous l’opale des lampes, Tendant sur le fond noir leurs divines
Nuages gris
Nuages gris, nuages graves, Vous emportez à l’horizon Les lourdes et lentes épaves Du naufrage de la saison. Nuages gris, graves
Les trois compagnons d’armes
Après de longs exils et de grandes alarmes Revinrent au pays les trois compagnons d’armes. -« Hôtesse verse-nous de la bière et du vin Nous
La chatte
De noir et de fauve tigrée, On sent, rien qu’à passer la main Dans sa fourrure bigarrée, L’odeur du musc et du jasmin. Le fin triangle des
Mysticité
Des femmes, à genoux dans la chapelle sombre Quand tout est endormi, veillent pour l’Éternel, Là-bas, au fond du chœur, ainsi qu’une grande
Désir
La mer étreint la terre blonde Et soupire et supplie en vain. -« Je n’aime que toi seule au monde Entr’ouvre-moi ton cœur divin ! »- La terre
Mon doux amour dans la nuit sombre…
« Mein süsses lieb wenn du im Grab. » Heine Mon doux amour dans la nuit sombre Du tombeau quand tu dormiras, Je descendrai vers toi dans
To die… to sleep
« Mourir… dormir…» Hamlet (Shakespeare) La cadence de l’arbre endort sous les ramures Les petits des oiseaux et les bourgeons des
Les moussaillons
Les Moussaillons du Finistère Sont les enfants du flot jaloux Puisqu’ils vivent de son mystère Et qu’ils meurent de son courroux. Leur
Élégie
Dans la nuit de printemps pleure un violoncelle… L’harmonie en accords s’étire et s’amoncelle ; L’air tiède se déchire au poids des sons trop
Ils disent…
« Et s’il leur vient des émotions tendres Les poètes croient que la nature est amoureuse d’eux. » Nietzsche Ils disent que mes vers ne
La pavane
Voua aviez à votre corsage Une rose de mon bouquet, Et la fleur était votre image, Je vous l’avais dit en secret. Au coin rieur de votre
C’est l’heure où je descends t’attendre sur la grève…
C’est l’heure où je descends t’attendre sur la grève Tu disais : « Je viendrai quand me voudra ton rêve » ; Viens, mes bras étendus t’adjurent
Les épaves
Vers le trouble horizon le vent les pousse encore – Sinistres voyageurs où vous enfuyez-vous Poursuivis et roulés par des fonds qu’on
Fantôme
Si ton cœur est ouvert ainsi que ton regard, Si le bleu de tes yeux rayonne de ton âme, Mon rêve te poursuit et mon cœur te réclame, Oh !
