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Les moussaillons

de Jeanne Neis Nabert(2014)

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Les Moussaillons du Finistère
Sont les enfants du flot jaloux
Puisqu’ils vivent de son mystère
Et qu’ils meurent de son courroux.
Leur chevelure est toute blonde,
Le soleil dore leurs pieds nus,
Ils ignorent les lois du monde,
Leurs yeux tristes sont ingénus
Et lorsqu’ils ont sept ans à peine
On les revêt d’un lourd suroît;
Puis une barque les emmène,
Pauvres petits, blêmes d’effroi.
Le vieux pilote est si sévère,
Qu’il faut partir sans murmurer;
Mais le soir, blottis à l’arrière
Ils se détournent pour pleurer.
Cet infini les épouvante.
Ils sont blessés par les roulis,
Sur la planche dure et mouvante
Ils songent à leurs petits lits.
À l’alcôve, près de leurs mères,
Où fatigués après les jeux
Ils s’endormaient avec leurs frères
Pareils à des oiseaux frileux.
Maintenant par les nuits trop noires
Ils écoutent battre leur cœur,
Ils se rappellent les histoires
De trépassés qui leur font peur !
Et puis la mer qui les caresse
Finit bien par les consoler,
Ils vont au large avec ivresse…
Les petits gâs ensorcelés !
Alors souvent auprès des cales,
Espérant leurs enfants Jésus,
On voit pleurer des femmes pâles
Sachant qu’ils ne reviendront plus !
Le flot leur chante un dernier rêve,
Ferme leurs yeux sous des baisers;
On les retrouve sur la grève
Le front meurtri par les rochers.
Ou bien les vagues de mystère
Sont jalouses de leurs amours :
Les moussaillons du Finistère
Sous l’Océan dorment toujours !
Audierne, 10 août 1902
(Jeanne Neis Nabert, alias Sijenna, Humble moisson, 1903, pp. 18-20)

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Poezie
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Jeanne Neis Nabert. “Les moussaillons.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/jeanne-neis-nabert/poezie/les-moussaillons

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