Voici le soir…
de Jeanne Neis Nabert(2015)
1 min lectură
Mediu
Voici le soir, ferme tes yeux,
Ils ont vu tant de tristes choses,
Si vainement prié les cieux,
Si vainement cherché les roses…
Voici le soir, baisse ton front,
Ton front lourd de vaines pensées,
Les noirs soucis s’endormiront
Sous tes paupières abaissées…
Voici le soir, ferme tes mains,
Tes pauvres mains vides et lasses
Qui pour tant d’efforts surhumains
Furent si vainement tenaces.
Voici le soir, ferme ton cœur
À tout amour, à toute haine,
Ton cœur lourd de vaine rancœur,
Ton cœur las d’une amour si vaine…
(Jeanne Neis-Nabert, « Carnets d’une morte » in Silences brisés, 1908, pp. 79-80)
