L’orage
de Jeanne Neis Nabert(2014)
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Vous en souvenez-vous, nous étions sous un chêne
Par un matin d’avril et nous avions vingt ans…
Le parc était désert, notre âme était sereine,
Vous m’aimiez. – Les oiseaux s’épousaient en chantant.
Nous devisions, je crois, des amours éternelles
Et des arbres en fleurs parfumant les cieux clairs,
Quand l’orage soudain chassa les hirondelles
Éblouissant nos yeux de sinistres éclairs.
Les feuilles tournoyaient aux branches désolées,
Les biches s’enfuyaient comme des affolées,
Vous m’avez pris la main lorsque j’ai dit : « J’ai peur. »
Alors à chaque éclat de la foudre prochaine
Un grand frisson d’horreur faisait trembler le chêne,
Un grand frisson d’amour faisait trembler mon cœur !
Surbiton-Hill, mai 1902
(Jeanne Neis Nabert, alias Sijenna, Humble moisson, 1903, p. 32)
