Les trois compagnons d’armes
de Jeanne Neis Nabert(2015)
1 min lectură
Mediu
Après de longs exils et de grandes alarmes
Revinrent au pays les trois compagnons d’armes.
-« Hôtesse verse-nous de la bière et du vin
Nous n’avons de longtemps bu que l’eau du ravin
Verse et parle d’abord de nos trois fiancées
Nous ne les avons pas de longtemps embrassées ! » -
-« La tienne compagnon lasse d’attendre en vain
Épousa l’an dernier notre vieil échevin »
-« La tienne compagnon est nonne au monastère
Elle n’attendait plus ton retour sur la terre »
-« Mais la tienne, perdant le rire et le refrain
Quand elle te crut mort est morte de chagrin ! » -
Le premier dit : « C’est bon j’irai sous sa fenêtre
Le soir quand dormira son vieux seigneur et maître. »
Le second dit : « Je veux être un moine fervent
Et j’irai confesser les nonnes du couvent. »
Mais le dernier, muet, sans détourner la tête
Repartit au galop à travers la tempête…
(Jeanne Neis-Nabert, « Poèmes » in Silences brisés, 1908, pp. 37-38)
