Crépuscule
de Jeanne Neis Nabert(2015)
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L’heure équivoque, inquiétante
Comme un androgyne aux yeux gris,
Glisse, à travers les tamaris,
Son doux visage à double entente.
L’amant soleil a vu poser
Les mains molles du crépuscule
Sur les sables pâlis où brûle
Inextinguible, son baiser.
Déjà la chauve-souris rase
Et ruse au bord des bleus balcons,
La clématite aux blancs flocons
Où la mésange joue et jase
Et comme de vagues vaisseaux
L’un de retour, l’autre en partance,
La nuit et le jour à distance
Se font des signes sur les eaux
L’ombre croule des acropoles
Et dans le ciel de ton regard
Je vois monter comme un brouillard
Le crépuscule des idoles.
(Jeanne Neis-Nabert, « La mer» in Silences brisés, 1908, pp. 60-61)
