Si vous avez le soir pleuré de nostalgie…
de Jeanne Neis Nabert(2015)
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« De sterne die begehrt man nicht… »
Goethe.
Si vous avez le soir pleuré de nostalgie,
Si vous avez tendu les bras
Vainement, follement, vers l’ardente magie
Des étoiles qu’on n’atteint pas
Dites-vous seulement que leur éclat splendide
Pourrait s’éteindre sous vos mains
Et que le firmament serait peut-être vide
Si vous en saviez les chemins.
Hélas ! si vous pleurez pour une âme lointaine,
Si vous avez perdu la paix
Pour une étoile d’or en la nuit incertaine
Et que vous n’atteindrez jamais
Dites-vous seulement que c’est peut-être un songe
Qu’un mot d’amour pourrait briser
Que toute sa beauté votre divin mensonge
S’éteindrait sous votre baiser.
Qu’il vaut bien mieux laisser à la nuit ses étoiles
Que de les voir pâlir au jour,
Qu’il vaut mieux te laisser multiplier tes voiles
Ô mon insaisissable amour !
(Jeanne Neis-Nabert, « Carnets d’une morte » in Silences brisés, 1908, pp. 83-84)
