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Quand même

de Jeanne Neis Nabert(2015)

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Mediu
À Mlle Lucile Neis
La route est longue et le ciel noir,
Voici le morne et triste soir
Qui descend de l’horizon blême ;
Pas de rayons consolateurs
Pour éclairer nos yeux en pleurs.
Allons quand même !
L’amour est un méchant voleur,
Il nous enlève notre cœur
Nous laissant la douleur suprême,
Mais si tu veux me croire, enfant,
Malgré le rêve décevant
Aimons quand même !
À chaque détour du chemin
L’ami qui nous donnait la main
Oubliant qu’il chantait : « je t’aime »
Pour dire ailleurs le doux refrain
Nous quittera frivole et vain,
Marchons quand même !
Tous nos espoirs seront déçus
Les dons que nous avons reçus,
Comme un fragile diadème,
Un jour ou l’autre tomberont
Laissant une blessure au front,
Chantons quand même !
Livrés à tous nos ennemis,
Accablés sous tous les mépris
De ceux qu’on hait, de ceux qu’on aime,
Si, comme un ciel baigné d’azur,
Notre cœur meurtri reste pur,
Vivons quand même !
Devant le monde et sa beauté
L’homme outrage ta Majesté,
Dieu tout-puissant, grandeur suprême,
L’homme a dit que tu n’étais pas,
Que rien n’existe qu’Ici-bas,
Croyons quand même !
Allons même jusqu’à la mort
Les fronts levés et le cœur fort,
Sans espoir ou sans diadème ;
Allons comme des combattants
Jaloux de leurs haillons sanglants,
Allons vers Dieu, toujours… Quand même !
Pont-Croix, 1901
(Jeanne Neis Nabert, alias Sijenna, Humble moisson, 1903, pp. 67-69)

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Tip
Poezie
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Jeanne Neis Nabert. “Quand même.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/jeanne-neis-nabert/poezie/quand-meme

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