Le jeune printemps épouse la nuit…
de Jeanne Neis Nabert(2015)
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Le jeune printemps épouse la nuit ;
Sous ses longs rideaux d’alcôve fermée
Le bois clos et sourd berce un dernier bruit,
En son lit profond la source est pâmée
-Celui que j’aimais ne m‘a pas aimée !
Et lampe d’hymen, la lune apparaît ;
Son globe d’opale où veille une flamme
Flotte sur la sombre et douce forêt,
Les flancs lourds d’amour un cerf râle et brame
Les bruns rossignols me déchirent l’âme…
-Je n’ai pas aimé celui qui m’aimait !
(Jeanne Neis-Nabert, « Carnets d’une morte » in Silences brisés, 1908, p. 85)
