Hermann Hesse
(n. 2 Iul 1877)
"Hermann Hesse (n. 2 iulie 1877, Calw, Germania – d. 9 august 1962, Montagnola, Elveția) scriitor german, laureat al Premiului Nobel pentru Literatură"
Lupul de stepă
\"Îți plac\", a continuat ea, \"tocmai din motivul pe care ți l-am spus deja; eu ți-am învins singurătatea, te-am prins când te aflai chiar în pragul
Jocul cu mărgele de sticlă
O încercare de biografie a lui Josef Knecht, magister ludi, împreună cu scrierile postume ale lui Knecht publicate de Hermann Hesse Celor ce
Demian
\"......iar eu am ramas in urma lui cu acel stravechi simtamant stingher care izvoraste dintr-un amestec ciudat de recunostinta si timiditate, de
Message
Jill. Fred phoned. He can\'t make tonight. He said he\'d call again, as soon as poss. I said (on your behalf) OK, no sweat. He said to
Poetul Și Timpul Său
Fidel eternelor imagini, contemplate Constant, tu stai de faptă-ori jertfă pregătit, Dar într-un timp lipsit de-onoare, ești lipsit De-amvon
poveste
Era un indragostit care iubea fara speranta.Se retrasese cu totul in sufletul sau si avea impresia ca se mistuie de dragoste.Lumea se naruia in fata
Narcis și Gură de Aur
CAPITOLUL I În fața arcadei susținute de mici coloane duble de la intrarea mănăstirii din Mariabronn, foarte aproape de drum, se afla un
Lupul de stepă
Încă din timpul primei noastre discuții din fața araucariei își spusese lup de stepă, lucru care, de asemenea, mă uimea și mă tulbura întrucâtva. Ce
Călătoria spre soare-răsare
I Deoarece mi a fost hărăzit să trăiesc împreună cu alții ceva măreț, deoarece am avut norocul să aparțin „Confreriei\" și să mi se
Siddhartha
Dragă, stimate Romain Rolland, Din toamna anului 1914, când am început să resimt și eu simptomul – de dată recentă – al sufocării
Jocul cu mărgele de sticlă (2)
PREGÃTIRI Knecht reușise să spargă gheața; între el și Designori se statorniciseră relații și schimburi intense de idei, înviorătoare pentru
Gertrud
CAPITOLUL ÎNTÂI Dacă mă uit în urmă, din afară, la viața mea, ea nu pare deosebit de fericită. Și totuși, cu atât mai mult nu mi este
Ultima vară a lui Klingsor
CUVÂNT ÎNAINTE Pictorul Klingsor, în vârstă de patruzeci și doi de ani, și a petrecut cea din urmă vară a vieții sale în acele regiuni
Băiatul iubește o fată
Băiatul iubește o fată, Ea pe-altul alege din toți. Acela iubește o alta Și iată-i soție și soț. De multă mâhnire, fata Cu-ntâiul ce
Texte în alte limbi:
Gradins (« Stufen »)
Si toute floraison passe et l'adolescence, Tout âge de la vie est à son tour en fleur. Toute sagesse atteint son degré de croissance ; Toute vertu
Nella Nebbia
E\' strano vagare nella nebbia! Solo è ogni cespuglio e pietra, Nessun albero vede l\'altro, Ognuno è solo. Pieno di amici era per me il
La fábula de los ciegos
Inspirada en VOLTAIRE *************** Durante los primeros años del hospital de ciegos, como se sabe, todos los internos detentaban los mismos
LA FLÛTE (« Flötenspiel »)
Maison, la nuit, dans les branchages; Fenêtre où luit un doux reflet. Invisible au fond des ombrages, Là-bas un flûtiste jouait Une très
Im Nebel
Seltsam, im Nebel zu wandern! Einsam ist jeder Busch und Stein. Kein Baum sieht den andern, Jeder ist allein. Voll von Freunden war mir
Bonheur (« Glück »)
Tant qu’au bonheur tu veux atteindre, Tu n’es pas mûr pour être heureux, Exaucerais-tu tous tes vœux. Quand d’une perte on te voit
Die Stunde
Es war noch Zeit; ich konnte gehn, Und alles wäre ungeschehn, Und alles wäre rein und klar, Wie es vor jenem Tage war! Es mußte sein. Die
Besinnung
Göttlich ist und ewig der Geist. Ihm entgegen, dessen wir Bild und Werkzeug sind, Führt unser Weg; unsre innerste Sehnsucht ist: Werden wie Er,
Degrés
Fleurette passe et l’âge dépasse la jeunesse : il est ainsi des fleurs à chaque pas de la vie, de la sagesse, de la vertu ; chacune a sa saison,
LA EJECUCIÓN
En su peregrinación, el maestro y algunos de sus discípulos bajaron de la montaña al llano y se encaminaron hacia las murallas de la gran ciudad.
ELISABETH (« Elisabeth (111) »)
Ainsi qu’un blanc nuage Dans l’azur apparaît, Tu es blanche, lointaine Et belle, Elisabeth. Le nuage s’efface, Tu n’as souci de lui, Mais
CHANSON D’AMOUR (« Liebslied »)
Je suis le cerf, toi le chevreuil, Tu es l’oiseau, moi le tilleul, Toi le soleil et moi la neige, Tu es le jour et moi le rêve. La nuit, des
Dans le brouillard
Comme c’est étrange de marcher dans le brouillard ! Solitaire est chaque buisson, chaque pierre, Aucun arbre n’aperçoit son voisin, Chacun est
JOUR DE PRINTEMPS (« Frühlingstag »)
Vent dans les buissons, chant d’oiseau, Haut dans l’azur baignant le monde, Passe un nuage, fier vaisseau; Je rêve d’une femme blonde, Je rêve au
Kennst du das auch?
Kennst du das auch, daß manchesmal Inmitten einer lauten Lust, Bei einem Fest, in einem frohen Saal, Du plötzlich schweigen und hinweggehn mußt?
A sera
A sera vanno le coppie di amanti lentamente attraverso il campo, donne sciolgono i loro capelli, commercianti contano i soldi, sul giornale
PAPILLON BLEU (« Blauer Schmetterling»)
Bleu reflet qui s’irise, Un papillon nacré Emporté par la brise Luit, brille, disparaît. Tel, d’une aile légère, Le bonheur est venu Puis a,
Grincement d’une branche tordue
Rameau déchiqueté, tordu, Lançant là depuis mainte année Au vent son chant sec et bourru, Sans plus de feuilles ni d’écorce, Las de cette vie
CHÊNE AMPUTÉ (« Gestutze Eiche»)
Pauvre arbre, comme ils t’ont taillé! Quelle étrange et triste figure! Tu n’es plus, cent fois cisaillé, Que défi, que volonté pure. Comme toi
Art du voyage
Voyager sans but plaît à la jeunesse, Mais l’âge en venant m’affadit ce goût Et je ne pars plus sans savoir pour où, Sans qu’un but précis, un
Les immortels
Encore et toujours, du fond des vallées terrestres, Monte vers nous la fumée de la vie. Misère farouche, abondance grisée Vapeurs sanglantes des
SANS TOI (\"Ohne dich\")
Mon oreiller me dévisage dans la nuit Exsangue comme une pierre tombale Jamais je n’envisageais qu’il serait si cruel D’être seul Sans pouvoir me
À la recherche de la paix
Vous éveillant de vos rêves de haine et de votre ivresse De sang, rendus aveugles encore et sourds Par l’éclair et le bruit mortel de la
Liebe
Wieder will mein froher Mund begegnen Deinen Lippen, die mich küssend segnen, Deine lieben Finger will ich halten Und in meine Finger spielend
À mon amour
Sur mon épaule pose Ta lourde tête et pas un mot ne dis Puis goûte de chaque larme éclose La saveur douloureusement suave et lasse de la
PÊCHER EN FLEUR (« VOLL BLÜTEN»)
Le pêcher sous les fleurs explose, Toutes ne viendront pas à fruit, Lumineuse écume de roses Sur l’azur où la nue s’enfuit. Fleurs aussi
À travers les champs…
À travers le ciel, les nuages voyagent À travers les champs, le vent À travers les champs, erre L’enfant séparé de sa mère. À travers la
Parabole chinoise
Un vieil homme du nom de Chunglang, qui signifie « Maître des rochers », possédait un petit lopin de terre dans les montagnes. Un jour, il perdit
Doch heimlich dürsten wir ...
Anmutig, geistig, arabeskenzart Scheint unser Leben sich wie das von Feen In sanften Tänzen um das Nichts zu drehen, Dem wir geopfert Sein und
Adieu, monsieur le Monde
Le monde n’est que débris, Lui que nous chérissions tant, Et mourir aujourd’hui Semble moins effrayant. Il ne faut point l’outrager Ce monde
Feuille morte
Toutes les fleurs veulent se changer en fruits, Toute matinée veut devenir soirée, Sur terre rien n’est éternité, Si ce n’est le mouvement, le
Weil ich dich liebe
Weil ich dich liebe, bin ich des Nachts So wild und flüsternd zu dir gekommen, Und dass du mich nimmer vergessen kannst, Hab ich deine Seele
Bulles de savon
D’un alambic d’études, d’idées de tant et tant d’années, sur le tard, un vieil homme distille ses pages de vieux, dont les vrilles
Élisabeth
Je vous raconterai une histoire, La nuit est déjà si tardive – Voulez-vous me torturer Belle Élisabeth ? Je compose des poèmes Tout comme
ROSE BLANCHE AU CRÉPUSCULE
(« WEISSE ROSE IN DER DÄMMERUNG») Ton visage triste penche Sur les feuilles, vers la mort, Essaimant, lumière blanche, De pâles rêves
ODE À HÖLDERLIN
Je reviens vers toi empli de gratitude, ami de ma jeunesse, Bien des soirs, à cette heure où, parmi les lilas Du jardin endormi, Veille sel le
Cela t’arrive-t-il ? (« Kennst du das auch ?»)
T’arrive-t-il aussi cela, Lorsqu’on danse et crie à tue-tête, De devoir, parmi cet éclat, Soudain te taire et fuir loin de la fête ? Sur ton
Le chevalier noir
Je quitte silencieux le tournoi, Portant le nom de toutes les victoires, Sous le balcon des dames accourues pour me voir, Je me prosterne, mais
Fin d’été
Une fois encore, avant que l’été ne se flétrisse, Nous allons nous occuper du jardin, Arroser les fleurs, déjà fatiguées, Qui bientôt vont
Le foehn hurle toutes les nuits...
Le foehn hurle toutes les nuits, Aile humide au battement lourd, Vol fou de courlis dans l\'autan; Partout le sommeil s\'est enfui, Et tout
RAMEAU FLEURI («DER BLÜTENZWEIG»)
La branche en fleur se balance, De ci, de là, dans le vent. Mon cœur, comme au temps d’enfance, Monte avec elle ou descends, Jours de fête ou
MA SŒUR LA MORT («BRUDER TOD»)
Un jour, pour finir ma peine, Vers moi tu viendras Et tu briseras la chaîne : Tu ne m’oublies pas. Lointaine encor, sous un voile, Ô ma sœur
Enfants de juillet
Nous, enfants de juillet, Nous aimons le parfum du jasmin blanc, Les promenades dans des jardins fleuris, En silence, et perdu dans des rêves
NOTÉ UNE NUIT D’AVRIL
(« NACHTS IM APRIL NOTIERT») Qu’il y ait des couleurs, c’est étrange : Blanc, jaune, bleu, vert, jaune, orange! Étrange qu’il y ait des sons
Fugitivité
De l’arbre de la vie, une à une, Les feuilles m’ouvrent les yeux. Ô terre aux couleurs qui donnent le vertige, Comme tu rassasies, Rassasies
SYMBOLES (Gleichnisse »)
Mon amour est la barque paisible Que les coups d’une rame insensible Poussent vers le ressac, près du bord. Mon amour est la vive
Siddhartha und Demian
\"Einen Stein kann ich lieben, und auch einen Baum oder ein Stück Rinde. Das sind Dinge, und Dinge kann man lieben. Worte aber kann ich nicht lieben.
PAPILLON NOYÉ (« FALTER IM WEIN»)
Un papillon tombé dans ma coupe de vin Au suave trépas se résigne et s’enivre; Déjà prêt à mourir, il nage encore en vain Jusqu’à ce que mon doigt
Le loup des steppes…
Loup des steppes, je rôde, je rôde, De la neige partout dans le vaste monde. Le corbeau bat des ailes dans l’arbre, Mais nulle part une biche ni
Le jeu des perles de verre
Musique de l’univers et toi, musique des maîtres, nous voici, respectueux, prêts à vous écouter. En une fête de pureté, nous allons évoquer les
Hiver au Tessin
Depuis que les forêts sont nues, Le monde est comme transformé, Plus large ici, plus dense ailleurs, Baigné d’un jour pâle et nouveau. Les
L’artiste (« Der Künstler»)
L’œuvre accomplie au long de mainte année Vient aujourd’hui sur le marché bruyant. Le monde passe et regarde en riant Et sa louange aussi m’est
La nuit…
La nuit, je m’assieds, ivre, au bois tempétueux ; Les branchages sifflants sont mordus par l’automne ; Mon flacon vide en main, l’aubergiste
Le cloître de Santo Stefano
Un carré de murs nus, pâles, vieux et jaunis, Peints un jour de la main-même de Pordenone. Le temps a dévoré ces tableaux. Ici, là, Tu ne vois
Joie de peindre
Les champs, ça coûte cher et porte les moissons. Les barbelés sont aux aguets autour des prés. Convoitise et besoins s’affichent sans vergogne
Chanson de Marie
Sans perles éclatantes, sans joyaux, Laisse-moi sur ces marches poser La couronne fanée de ma jeunesse passée, Implorant ton pardon sans un
Le doigt levé
On raconte que le maître Dju-dschi était d’une nature Douce, paisible, emprunte d’une si grande humilité Qu’un jour, il cessa d’enseigner et ses
L’arbre de ma vie…
L’arbre de ma vie se dénude feuille à feuille : ô monde bigarré qui délires tu dégoûtes les cœurs, tu nous rebutes, nous fatigues à force
Esquisse
Le vent froid de l’automne siffle dans les ajoncs desséchés Qui blanchissent dans la lumière du soir ; Les corneilles quittent les saules et
Chanson de route (« Reiselied »)
Ô soleil, viens briller dans mon cœur, Vent, dissipe soucis et misère. Je ne sais joie si pure sur terre Que partir, se faire
LES PREMIÈRES FLEURS (« Die ersten Blumen »)
Là-bas, près du ruisseau, Où les saules rouges vers l’eau Penchent leur front, en abondance Des fleurs d’or ont ouvert les yeux. Pour moi qui dès
UN VIOLON DANS LES JARDINS(« Eine Geige in den Gärten »)
Partout aux vallons d’alentour La chanson des merles résonne Et mon cœur, de chagrins si lourd, Jusqu’à l’aube songe, frissonne. L’heure
Écrit une nuit d’insomnie
Je suis aussi sous le charme des femmes, Elles sont nombreuses à m’aimer Et me sourire d’un air attendri ; Je ne suis pourtant pas
Été dans le midi
Marronniers en fleurs, bosquet dans le couchant, Lune dans le feuillage, nous buvons en silence – Nos gobelets tintent dans la brise tiède Et
Lac en février
Air rare et pur de février ! Ocre et pâle, la rive doucement s’étire, Le lac figé regarde un ciel de froid cristal, Les arbres nus défilent en
Jadis, il y a de cela mille ans
Inquiet, avide de voyages Sortant d’un rêve incohérent J’entends mon bambou sauvage Susurrer dans le noir son chant. Je ne peux m’étendre,
Le langage du printemps
Tout enfant sait fort bien ce que le printemps dit : Crois, prospère, espère, aime tant que tu peux, Suis tes envies nouvelles, montre-toi
Mois d’août finissant
L’été auquel nous renoncions déjà A retrouvé sa force ; plus les jours diminuent, Plus il brille avec éclat, Affichant ses soleils ardents dans
Là-bas (« Drüben »)
Là-bas, loin par-delà les monts, Une pâle lune paresse Et sous ses éternels rayons Demeure ma morte jeunesse. Là-bas, loin par-delà les
Pluie d’automne
Oh, pluie, pluie d’automne, Montagnes enveloppées d’un voile gris, Arbres las inclinant leurs derniers feuillages ! Par les fenêtres embuées,
Même les fleurs
Même les fleurs souffrent à mourir Bien qu'elles soient encore innocentes. Tout comme notre être intérieur qui est pur Et souffre seulement de
Regard vers l’Italie
Au-delà du lac, derrière les sommets roses S’étend l’Italie, terre promise de ma jeunesse, Berceau familier de mes rêveries. Les arbres roux me
Sur l’errance
(En mémoire de Knulp) Ne sois pas triste, bientôt viendra la nuit Et quand nous verrons la froide lune rire en secret Sur la campagne
L’Aimant
Lors, dans la nuit douce, ton ami reste éveillé, Empli de ta chaleur, de ton parfum encore, De ton regard, de tes cheveux, de tes baisers – ô
Nuit d’Italie
J’aime ces nuits illuminées de mille teintes chamarrées À la lumière vacillante des lampes éclairées, J’y mêle le rouge intense de mes poèmes
Printemps à Locarno
La brise fait danser le feu sombre des arbres, Et sur le bleu confiant du ciel, Avec une innocence neuve, Tout s’ouvre et s’offre à mon
Prise de conscience
Divin et éternel est l’esprit. C’est vers lui, dont nous sommes l’image et l’instrument, Que nous conduit notre voie ; notre plus intime
Les fleurs se fanent…
Les fleurs se fanent Toutes Quand vient le brouillard, Et les hommes Meurent, On les met dans la tombe. Les hommes aussi sont des fleurs, Ils
Petit air
Arc-en-ciel de mon poème, Lumière à l’heure suprême, Chant vite éteint du bonheur, Au front de la Vierge même Amère joie et douleur. Fleurs
Le ménestrel
Printemps et étés se lèvent tout de vert parés Et ils entonnent leur chant, Ils ornent le monde de teintes chamarrées Puis las, inclinent la
Pourtant
J’ai joui pourtant De chaque instant de ma jeunesse. Dois-je regretter autant Que mon âme choyée que ne soit blessure, amertume et tristesse
Philosophie
Passant de l’inconscient au conscient, Et retournant par de multiples sentiers À ce que nous savions sans en être conscients, Rejetés enfin sans
Tard sur la route…
Poussière sous mes pas. Il est tard. L’ombre des murs s’allonge en biseau. Je vois, à travers les sarments, la lune sur la berge et la
Leçon
Cher enfant, ce que les hommes profèrent Se révèle toujours plus ou moins faux ; Toutes proportions gardées, c’est encore au berceau Qu’on est
Promenade du soir
Je vais le soir dans la poussière, Et les murs allongent leur ombre, J’aperçois derrière la vigne Le ruisseau dans le clair de lune. Des airs
Makuscha I
Dans la nuit, en rêve je t’ai vue, Une blonde chevelure, comme d’habitude, joue autour de toi ; Et tu me chantais une chanson du pays, De la
Midi
L’herbe sèche est emplie par le chœur des cigales, Les sauterelles crissent sur la pente aride, Le ciel brûle et revêt lentement les
Qui voyage...
Qui voyage au loin verra plus d’une fois des choses Très éloignées de ce qu’il tenait pour vérité S’il les raconte ensuite dans ses prairies
Très ancienne statue de Bouddha se décomposant dans les gorges d’une forêt japonaise
Les traits adoucis et plus maigres, en proie aux pluies Et aux gels, recouverte d’une mousse verte, Tes joues tendres, tes larges paupières
Magie des couleurs
Parfois un soupçon du souffle de Dieu : Au-dessus de moi, en dessous, le ciel, La lumière chante ses mille chants, Et Dieu parle dans les
Légende chinoise
Voici ce qu’on raconte à propos de Meng Hsiä : Un jour, celui-ci entendit raconter que de jeunes artistes s’exerçaient depuis peu à se tenir sur
Makuscha II
C’était un rêve. – Devant moi, à l’infini, S’étendait la mer blême. La plage était vide. La tempête a déchargé sa colère, le jour paraît
Maisons au crépuscule
Les rayons rasants du couchant Dorent les maisons assemblées, De l’éclat chaud de ces couleurs Semble monter une prière. Avec confiance,
Octobre 1944
La pluie tombe passionnément, Se jette au sol en sanglotant, Et sur les chemins, des bouillons Dévalent vers le lac trop plein Hier encor calme
Le vieil homme et ses mains
Patient, il suit la route De sa longue nuit. Il attend, il veille, écoute, Et sur le drap, devant lui, Mains gauche et droite sont
Toutes les morts
J’ai enduré toutes les morts Et toutes je veux encore les endurer ; Je veux mourir comme la branche sur l’arbre, Mourir comme les pierres dans
Un vieux parc
Un vieux mur tout délabré Plein de mousse et de fougères ; Des flammèches de soleil Qui traversent les ifs noirs. Dehors, l’été en fusion
