Makuscha II
de Hermann Hesse(2015)
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C’était un rêve. – Devant moi, à l’infini,
S’étendait la mer blême. La plage était vide.
La tempête a déchargé sa colère, le jour paraît gris,
Des traînées de nuages passent au-dessus des terres.
C’est alors que je t’ai vue. Tu étais au sommet de la tour,
Comme si tu regardais dans le vaste lointain,
Comme s’il y avait au loin, caché par la tempête,
Un beau pays, le pays où tu es chez toi.
Tu pensais à moi. Ton visage était en pleurs.
Les joues pâles, l’œil ouvert et farouche,
Comme si tu cherchais dans la lumière jaune du matin
Une image tendrement aimée, perdue depuis longtemps.
Las ! le vent traversait caressant ta chevelure,
Comme le vent d’automne traverse les arbres aux fleurs fanées,
Avec au-dessus la troupe grise des nuées,
Ton pays à tes pieds ! – C’était un rêve.
(François Mathieu, Hermann Hesse, poète ou rien,
Paris, Calmann-Lévy, 2012, pp. 107-108)
