Lac en février
de Hermann Hesse(2015)
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Air rare et pur de février !
Ocre et pâle, la rive doucement s’étire,
Le lac figé regarde un ciel de froid cristal,
Les arbres nus défilent en convoi funèbre.
Ma barbe, hélas ! commence à se mêler de sel !
La fatigue et les ans fanent la flamme vive,
Ô peintre, ton voyage approche de sa fin,
L’hiver et le tombeau en seront les jalons.
Mais le soleil déjà me chauffe les épaules
Et murmure le chant de l’été à venir :
Marche encore plein d’ardeur, marche d’un pas ailé,
Et que l’été t’accueille encore, enfant prodigue !
(Hermann Hesse, Tessin, textes de prose et de poèmes,
Genève, Metropolis, 2000, p. 126)
