Le chevalier noir
de Hermann Hesse(2013)
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Mediu
Je quitte silencieux le tournoi,
Portant le nom de toutes les victoires,
Sous le balcon des dames accourues pour me voir,
Je me prosterne, mais aucune ne tend la main vers moi.
Je chante une mélodie
Sur ma harpe d’où monte un son profond
Les musiciens écoutent et se taisent à la ronde
Mais les gracieuses dames se sont évanouies.
Sur mon balcon noir immense
Mille couronnes sont attachées,
Resplendissant de mille victoires passées,
Mais la couronne de l’amour me blesse par son absence.
Sur mon cercueil se pencheront
Des chantres et des chevaliers
Qui le recouvriront de jasmin blanc et de lauriers
Mais jamais les roses ne l’orneront.
(Hermann Hesse, Lauscher, Paris, Maren Sell/Calmann-Lévy, 1998, p. 190)
