Fugitivité
de Hermann Hesse(2013)
1 min lectură
Mediu
De l’arbre de la vie, une à une,
Les feuilles m’ouvrent les yeux.
Ô terre aux couleurs qui donnent le vertige,
Comme tu rassasies,
Rassasies et fatigues,
Comme tu enivres !
Ce qui rougeoie maintenant
A tôt fait de disparaître.
Bientôt le vent vibrera
Sur ma tombe brune ;
La mère se penche
Sur son petit enfant.
Je veux revoir ses yeux,
Son regard est mon étoile
Tout le reste peut s’en aller, s’effacer,
Tout meurt, tout meurt volontiers,
Seule reste la Mère éternelle
D’où nous venions ;
Son doigt joueur écrit
Dans les airs fugitifs nos noms.
1919
(François Mathieu, Hermann Hesse, poète ou rien,
Paris, Calmann-Lévy, 2012, p. 9)
