Toutes les morts
de Hermann Hesse(2015)
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J’ai enduré toutes les morts
Et toutes je veux encore les endurer ;
Je veux mourir comme la branche sur l’arbre,
Mourir comme les pierres dans la montagne.
Mort du grès redevenu sable,
Mort de l’herbe sèche d’été qui craque,
Mort pitoyable, sanglante des hommes.
Je veux renaître et devenir fleur,
Renaître et devenir arbre, herbe,
Poisson, cerf, oiseau et papillon.
L’impatience me fera quitter
Chaque forme et je graviterai les marches
Menant aux ultimes souffrances,
Aux ultimes souffrances des hommes.
Oh, arc tendu, je te vois frémir
Lorsque les poings furieux du désir
Veulent recourber l’un vers l’autre
Les deux pôles de l’existence !
Souvent encore et sans relâche,
Tu me mèneras de la mort à la vie,
Chemin cruel des métamorphoses,
Chemin splendide des métamorphoses.
(Hermann Hesse, « Alle Tode » in Éloge de la vieillesse, Paris, Calmann-Lévy, 2000, p. 175)
