Fernando Pessoa
(n. 13 Iun 1888)
"Singura traducere in româna este volumul de poeme alese "Oda maritima", la editura Univers, in traducerea corecta dar mediocra (s-au pierdut rima si"
Tutungeria
Eu nu sunt nimic. Niciodată nu voi fi nimic. Nu pot vrea să fiu nimic. Asta fiind spus, port în mine toate visele lumii. Ferestre ale camerei
Acesta
Scriu simulând și mint, Zic ei. Dar nu-i așa. Eu pur și simplu simt Cu-imaginația. Resping, deci, inima. Ce-i vis sau ce m-apasă, Ce n-am sau
*
Anticul ritm bătut de tălpi desculțe, Un ritm pe care nimfele-l repetă, Când pe sub arbori țineau Cadența dansului, Să-l înviați pe plaja
Ulisse
Mitul-nimicul care totul este. Același soare-arzînd al zării cort E-un mit tăcut, o-nvăpăiată veste- Al Domnului trup mort, Viu, gol, pe
*
Nu ne îngăduie zeii mai mult decât viața. Să refuzăm, așadar, tot ceea ce ne ridică Spre irespirabile culmi, Veșnice și lipsite de
Autopsihografie
Poetu-i simulator. Simulează atât de tare Că simulează că-l dor Dureri ce-aivea le are. Toți care citesc ce scrie, În durerea ce-au
Acesta
Scriu simulând și mint, Zic ei. Dar nu-i așa. Eu pur și simplu simt Cu- imaginația. Resping, deci, inima. Ce-i vis sau ce m-apasă, Ce n-am
****
Trandafirii din grădina lui Adonis îi iubesc, Volucrul lor îl iubesc, Lidia, roze sunt, Pentru care ziua nașterii Este și ziua morții
Paznicul turmelor
Fernando Pessoa/Alberto Caeiro IX Sunt paznic de turme. Turmă a gândurilor mele. Iar gândurile mele toate sunt senzații. Gândesc cu ochii
Cele două castele
Europa zace, sprijinită-n coate: Din Est zace spre Vest, privind nainte; Plete romantice-i păzesc bogate Ochii elini, și vremi îi trec prin
Păstorul Îndrăgostit
I Pe vremea cînd nu te aveam Iubeam Natura așa cum pe Cristos îl iubește liniștitul călugăr... Iar acum iubesc Natura Ca un călugăr liniștit pe
Când, Lydia, vine toamna noastră
Când, Lydia, vine toamna noastră Cu iarna pe care o ascunde în ea, să păstrăm Un gând, nu pentru viitoarea Primăvară a altora, Nici pentru vara
Cartea neliniștii, fragment
Totul mă obosește, inclusiv ceea ce nu mă obosește. Fericirea mea e la fel de dureroasă ca și durerea mea. Dacă numai aș putea fi un copil care
Texte în alte limbi:
El misterio de las cosas
IV El misterio de las cosas, Dónde está? Si apareciese, al menos, para mostrarnos que es misterio qué sabe de esto el río, qué sabe el
Mar português
Ó mar salgado, quanto do teu sal São lágrimas de Portugal! Por te cruzarmos, quantas mães choraram, Quantos filhos em vão rezaram! Quantas
Tabaquería
No soy nada. Nunca seré nada. No puedo querer ser nada. Aparte de esto, tengo en mí todos los sueños del mundo Ventanas de mi
Bureau de tabac
Je ne suis rien. Jamais je ne serai rien. Je ne puis vouloir être rien. Cela dit, je porte en moi tous les rêves
El amor es una compañía
El amor es una compañía, ya no sé andar solo por los caminos, porque ya no puedo andar solo. Un pensamiento visible me hace andar más a
Anarquísmo
La noche y el caos forman parte de mi. Me remonto al silencio de las estrellas. Soy el efecto de una causa del tiempo, del Universo
Sensazione
I miei pensieri sono qualcosa che la mia anima teme. Fremo per la mia allegria. A volte mi sento invadere da una vaga, fredda, triste,
Esta vieja angustia
Fernando Pessoa, llamado Álvaro de Campos Esta vieja angustia, esta angustia que traigo hace siglos en mi, rebasó la vasija, en
Assim, sem nada feito e o por fazer
Assim, sem nada feito e o por fazer Mal pensado, ou sonhado sem pensar, Vejo os meus dias nulos decorrer, E o cansaço de nada me
Tabaquería
No soy nada. Nunca seré nada. No puedo querer ser nada. Aparte de eso, tengo en mí todos los sueños del mundo. (...) Fallé en todo.
Meantime
Far away, far away, Far away from here... There is no worry after joy Or away from fear Far away from here. Her lips were not very
Autopsicografia
O poeta é um fingidor. Finge tão completamente Que chega a fingir que é dor A dor que deveras sente. E os que lêem o que escreve, Na dor lida
Contemplo
Contemplo il lago silenzioso che la brezza fa rabbrividire. Non so se penso a tutto o se tutto mi dimentica. Nulla il lago mi dice né la brezza
I am the escaped one
I am the escaped one, After I was born They locked me up inside me But I left. My soul seeks me, Through hills and valley, I hope my
Lo que se ha perdido
Lo que se ha perdido, lo que se debería haber perdido, lo que se ha conseguido y ha satisfecho por error, lo que amamos y perdimos y,
Dobre
Peguei no meu coraçao E pu-lo na minha mao Olhei-o como quem olha Graos de areia ou uma folha. Olhei-o pávido e absorto Como quem sabe
Intervalo
Quem te disse ao ouvido esse segredo Que raras deusas tem escutado - Aquele amor cheio de crença e medo Que é verdadeiro só se é
Mer portugaise
Ô mer salée, combien dans ton sel tu contiens De larmes versées par le Portugal ! Pour t’avoir sillonnée, combien avons-nous fait pleurer de
Autopsychographie
Feindre est le propre du poète. Il feint si complètement Qu’il en arrive à feindre qu’est douleur La douleur qu’il ressent vraiment. Et ceux
La neige
La neige a mis une silencieuse nappe sur toute chose. On ne perçoit rien que ce qui se passe à l’intérieur de la maison. Je m’enveloppe dans une
Le Gardeur de Troupeaux
Je n’ai jamais gardé de troupeaux, Mais c’est vraiment tout comme. Mon âme ressemble à un berger, Elle connaît le vent et le soleil Et marche
Lisbon revisited (1926)
Rien ne me lie à rien. Je veux cinquante choses à la fois. Je soupire dans une angoisse où j’ai faim de chair Après je ne sais quoi – Définiment
Le mystère des choses
Le mystère des choses, où est-il ? Où est-il puisqu’il ne se montre pas, Serait-ce pour nous montrer qu’il est mystère ? Qu’en sait le fleuve et
Sur la route de Sintra
Au volant de la Chevrolet sur la route de Sintra, Au clair de la lune et du rêve, sur la route déserte, Je conduis seul, je conduis doucement et
Si je pouvais croquer…
Si je pouvais croquer la terre entière et lui trouver un goût, j’en serais plus heureux un instant… Mais ce n’est pas toujours que je veux être
Être conscient
Être conscient est peut-être un oubli. Penser serait peut-être un songe, ou un sommeil. Et dormir, peut-être, pour un moment, Notre esprit
Passe un papillon
Passe un papillon devant moi Et pour la première fois dans l’univers je remarque Que les papillons n’ont pas plus de couleur que de mouvement, De
N’importe quelle musique
N’importe quelle musique, ah, qu’importe ! Pourvu qu’elle m’ôte de l’âme L’incertitude qui réclame N’importe quel calme impossible
Le Tage est plus beau
Le Tage est plus beau que la rivière qui traverse mon village, mais le Tage n’est pas plus beau que la rivière qui traverse mon village, parce
Le livre de Cesario Verde
À la tombée du jour, penché à la fenêtre, Et sachant de biais qu’il y a des champs en face, Je lis jusqu’à ce que les yeux me brûlent Le livre
Oui, je sais bien
Oui, je sais bien Que jamais je ne serai quelqu’un. Je sais aussi Que jamais mon œuvre ne sera finie. Je sais, enfin, Que jamais de moi je ne
Dans l’abîme d’un rêve fait…
Dans l’abîme d’un rêve fait D’inquiétude et de tristesse Mon cœur inutile et distrait A survécu à tes caresses. Car c’est là, dans ce rêve
Le sourire de tes yeux bleus…
Le sourire de tes yeux bleus, Ma blonde. Je rêve, absent de ce baiser Où fonde Mon cœur, un espoir si léger Qu’il n’ose rien espérer, Ma
Trois Chansons mortes
I Vous êtes belle : on vous adore. Vous êtes jeune : on vous sourit. Si un amour pouvait éclore Dans ce cœur où rien ne luit. Ce sourire
En regardant le Tage
Elle conduit ses troupeaux au-delà des collines, Sa voix revient vers moi dans le vent Et une soif de sa douleur comble Tout ce qui est en moi
Non moi
Je me sens pâle et je tremble Ce pouvoir de clair de lune Qui tremble sous la rivière Faut-il qu’il soit pour moi délicieuse torture ? Quel
Avec le vin
Avec le vin aussi je verse dans la coupe L’oubli : j’en serai tout joyeux, puisque la bonne Fortune ignore. Quel souvenir, Quelle prescience,
Lycanthropie
Les rêves quelque part seront vrais. Il est un lac solitaire Que la lune pour toi et moi éclaire Et pour nous à aucun autre pareil Là, la
Je préfère les roses, amour, à la patrie
Je préfère les roses, amour, à la patrie, Et j’aime mieux les magnolias Que la gloire et la vertu. Tant que la vie ne m’ennuie pas, je
Jardin de fièvre
l De rouges flocons vivants de neige infernale Unissent dans le poison l’air impur Et des fleurs rouges dépérissantes et dépouillées Qui
Demogorgon
12 avril 1928. Dans la rue pleine d’un soleil vague il y a des maisons arrêtées et des gens qui marchent. Je suis transi d’une tristesse mêlée
Rue transversale
Je suis l’amoureux de la lune… Mon cœur qu’un vain rêve importune Est fleur qui ne s’épanouit Que sous la lune et dans la nuit… Il n’est de rêve
Cela
On dit que je feins ou mens Tout ce que j’écris. Mais non. Moi je sens tout simplement Avec l’imagination. Et non pas avec mon cœur. Tout ce
Je prends plaisir…
Je prends plaisir aux champs sans les observer. Tu me demandes pourquoi j’y prends plaisir. Parce que j’y prends plaisir, c’est ma
Heureux, ceux dont les corps
Heureux, ceux dont les corps au pied des arbres gisent Dans le sein de la terre humide, Car plus jamais n’endurent le soleil, ne souffrent Des
Rien ne reste de rien
Rien ne reste de rien. Rien nous ne sommes. Au soleil et à l’air nous différons L’irrespirable et pesante ténèbre, Par l’humide terre
Ulysse
Le mythe est le rien qui est tout. Le soleil lui-même qui ouvre les cieux Est un mythe brillant et muet – La dépouille mortelle de Dieu, Vivante,
