Que veut dire ce matin de sève dorée
cette lumière dénudée de soleils -
que veut dire sinon
les cierges des marronniers allumés sous la pluie
le vaste monde qui m\'attend
au seuil de ma
La même clairière -
hier les pâquerettes
étaient encore là...
*
Taon ahuri,
sur quelle fleur se poser -
les lilas pointent à peine.
*
Pissenlits dans l\'herbe -
sur la moustache du chat,
une
...si lointaine et si proche
je suis sève et feuille
passagère de moi-même
dans le grand sablier de lumière
mon chagrin est celui
d\'un figuier pleureur sur une roche
ainsi je voyage dans le
- exil -
celui qui dit
s\'effondre dans le bruit
touche
le point g du désordre
oisive la page
d\'un geste de bleu s\'abandonne
au Verbe haletant, se déploie
s\'en sortir
échapper à
- homme -
avant de te rencontrer
il y avait entre nous
un serpent-en-ciel
qui changeait de couleur
j\'ai fait ce rêve
et tu t\'es éloigné
dans le grand spectacle du monde
où je hurle
*
Main qui décante
le sable des heures
singulière
mime le voyage
à travers une lumière
conquise, dévastée
les secondes transparaissent
furtives
puis s\'éteignent
le temps replié sur
La pluie de février
sur les toits enneigés
comme elle retentit !
*
Lent chatoiement
de fresques rougeâtres
dans les veines de l\'hiver
*
Comme elle lime
les chandelles de glace
la langue de la
Champs moissonnés, nudité dernière
la chaleur des tournesols à la dérive
n\'est plus
les cigales replient leurs violons
sur les étés à venir
absence
de ton corps d\'homme, ton corps
Je me suis réveillée
de ton baiser de lierre
ici et nulle part
dans un lit sans mémoire
glissant sous la mousse
du matin
entre les draps se dissipent
lentement
les pénombres mouvantes
de
Si tu t\'es perdu en moi clopin-clopant
cherche-toi un point de repère -
le repaire de mes os
qui ont appris à gronder
la tanière de ma chair
qui écrase la pédale de frein
l\'axe de mon sang
Il neigeait d\'une saison à l\'autre
d\'un geste à l\'autre
par-dessus les châtaigniers en fleur
par-dessous les couches de feuilles mortes
à travers la monotonie des jours
il neigeait de plus
Tu navigues sur les mers de mon sang, roi d\'Ithaque
sur l\'étendue mouvante de mes gestes
lorsque je tisse le linceul de l\'attente
la patine du temps à l\'oreille des dieux
avec pour seule
La nuit s\'écoule
sous une dune de lumière
au bord du sommeil
*
lente fuite d\'horizons
lieu-aube d\'étonnement
le long de tes bras
*
mes pas d\'eau inondent
la pendule d\'une
Rose des vents, tourne-toi
je me sens seule seule seule seule
aux quatre coins du monde sans personne
me contemple devant le miroir et le miroir
se reflète en moi
incompatible avec mes vies
Ce n\'est pas l\'hiver qui traverse
les clepsydres fuyantes, qui hante mes blés d\'or
ils sont encore là, lueurs en éveil
refont le paysage à l\'apogée
le soleil y tisse
les fièvres
Partir c\'est mourir un peu -
comme ma mémoire s\'émiette, mosaïque aérienne
dans ce jardin qui ne fleurit qu\'une fois
tous les mille ans
comme le parfum des roses m\'envoûte
(l\'âne
Toujours l\'euphorie des mots - axis mundi
leur vol à l\'aventure
dans la cage impondérable
du poème mais
l\'espace se rétrécit
les vents rouges tourbillonnent
l\'automne vient se poser
Je ne voyage jamais
loin loin loin ton pays de chlorophylle insomniaque
ces vers te parleront de mon Sud en dérive
les champs de tournesol languissent de toi
s\'échappent déferlent sur les
Je crois à la légende de l\'Aigle Combattant
totem absolu perpetuum mobile de l\'innocence
la poussière solaire
couvre ses ailes large ouvertes
son sein qui me protège
contre les sortilèges et
L\'illusion d\'un monde parallèle
s\'infiltre
sous la peau du quotidien
une forteresse d\'allégories
cliquez et entrez toc toc
soyez les complices de l\'harmonie insolite
du langage
Je me glisse
dans l\'autre histoire
celle à n\'en plus finir
celle qui ne sera jamais écrite
sur l\'étendue blanche
qui nous sépare
toi et moi
sur l\'étendue froide
avec au milieu une rose
Toujours
la blancheur de la page
jusqu\'à l\'essence des sens
des voix des blessures
nulle syllabe
et mille pensées
en jachère
Je t\'écrirai désormais
des lettres