Coquelicots en juillet
de Sylvia Plath(2012)
1 min lectură
Mediu
Petits coquelicots, petites flammes d’enfer,
Vous ne faites pas mal ?
Vous tremblez. Je ne sais pas vous toucher.
Je mets les mains dans les flammes. Rien ne brûle.
Et cela m’épuise de vous regarder
Trembler comme ça, rouge vif et froissés comme une bouche.
Une bouche que l’on vient d’ensanglanter.
Oh petites jupes sanglantes !
Il y a des vapeurs que je ne peux toucher.
Où est votre opium, où sont vos capsules écoeurantes ?
Si je pouvais saigner, ou dormir ! –
Si ma bouche pouvait épouser une blessure pareille !
Ou vos sucs distiller pour moi, dans cette capsule de verre,
Une stupeur, un apaisement.
Mais pas de couleur. Pas de couleur.
(Sylvia Plath, Ariel, traduction française de Valérie Rouzeau)
