Chanson de la putain
de Sylvia Plath(2012)
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La gelée blanche envolée
Et tous les rêves verts de quatre sous,
Après un maigre jour de boulot
Vient l’heure de cette infecte pute
Dont l’approche emplit notre rue
Jusqu’à ce que chaque homme,
Qu’il soit roux, blond ou brun
Suive sa croupe.
Regardez, mais regardez, cette bouche
Faite pour la violence,
Cette face marbrée
De rougeurs, de coups, de balafres
Infligés au fil des années sombres,
N’y a-t-il pas là un seul homme
Capable de retenir son souffle pour marquer
Au fer rouge de l’amour ce masque répugnant
Qui, sortant d’une flaque noire, d’un caniveau,
D’une coupe, dans mes yeux très sages
Révulsés, se plonge.
(Sylvia Plath, Le colosse et autres poèmes, traduction française de Patrick Reumaux)
