MIRON Gaston
(n. 8 Ian 1928)
"Gaston Miron, poète quebecois est né le 8 janvier 1928 à Sainte-Agathe-des-Monts, village des Laurentides, montagnes au nord de Montréal.. Vers l'âge"
Niciun text în limba română.
Texte în alte limbi:
L’OCTOBRE
L\'homme de ce temps porte le visage de la Flagellation et toi, Terre de Québec, Mère Courage dans ta Longue Marche, tu es grosse de nos rêves
La route que nous suivons
À la criée du salut nous voici armés de désespoir au nord du monde nous pensions être à l\'abri loin des carnages de peuples de ces malheurs de
Avec toi
l Je voudrais t\'aimer comme tu m\'aimes, d\'une seule coulée d\'être ainsi qu\'il serait beau dans cet univers à la grande promesse de
Au sortir du labyrinthe
Quand détresse et désarroi et déchirure te larguent en la brume et la peur lorsque tu es seule enveloppée de chagrins dans un monde décollé de la
Sur la place publique
Mes camarades au long cours de ma jeunesse si je fus le haut lieu de mon poème maintenant je suis sur la place publique avec les miens et mon
Retour à nulle part
Partir de rien, parce qu’on n’est rien d’autre alors, où est-ce qu’on va, qu’est-ce qu’on fait errant en ce peuple, et dans sa langue errante ce
Art poétique
J’ai la trentaine à bride abattue dans ma vie je vous cherche encore pâturages de l’amour je sens le froid humain de la quarantaine d’années qui
Ce monde sans issue
Pleure un peu, pleure ta tête, ta tête de vie dans le feu des épées de vent dans tes cheveux parmi les éclats sourds de béton sur tes parois ta
Désemparé
Par la nuit de tempête où les phares s’engouffrent Comme des fouettés et des déterminés, Nous marchons, ignorants de la trappe des gouffres, Vers
HÉRITAGE DE LA TRISTESSE
Il est triste et pêle-mêle dans les étoiles tombées livide, muet, nulle part et effaré, vaste fantôme il est ce pays seul avec lui-même et neiges
La corneille
Corneille, ma noire corneille qui me saoules opaque et envoûtante venue pour posséder ta saison et ta descendance Déjà l’été goûte un soleil de
Je t’écris
l Je t'écris pour te dire que je t'aime que mon coeur qui voyage tous les jours — le coeur parti dans la dernière neige le coeur parti dans les
Mon bel amour
Mon bel amour navigateur mains ouvertes sur les songes tu sais la carte de mon coeur les jeux qui te prolongent et la lumière chantée de ton
Les siècles de l\'hiver
Le gris, l\'agacé, le brun, le farouche tu craques dans la beauté fantôme du froid dans les marées de bouleaux, les confréries d\'épinettes, de
Pour retrouver le monde et l’amour
Nous partirons de nuit pour l\'aube des mystères et tu ne verras plus les maisons et les terres et ne sachant plus rien des anciennes
Parle-moi…
Parle-moi parle-moi de toi parle-moi de nous j’ai le dos large je t’emporterai dans mes bras j’ai compris beaucoup de choses dans cette époque les
La marche à l\'amour
Tu as les yeux pers des champs de rosées tu as des yeux d\'aventure et d\'années-lumière la douceur du fond des brises au mois de mai dans les
Poème dans le goût ancien
À tourmenter la nuit les vents là-haut les ciels poudreux d’étoiles brûlées où sont par ce temps mes père et mère ma famille que jamais je ne
Compagnon des Amériques
Compagnon des Amériques Québec ma terre amère ma terre amande ma patrie d\'haleine dans la touffe des vents j\'ai de toi la difficile et
LE CAMARADE
Camarade tu passes invisible dans la foule ton visage disparaît dans la marée brumeuse de ce peuple au regard épaillé sur ce qu\'il voit la
TÊTE DE CABOCHE
Une idée ça vrille et pousse l\'idée du champ dans l\'épi de blé au cœur des feuilles l\'idée de l\'arbre qui va faire une forêt et même,
Le damned Canuck
Nous sommes nombreux silencieux raboteux rabotés dans les brouillards de chagrins crus à la peine à piquer du nez dans la souche des misères un
Le Québécanthrope
Telle fut sa vie que tous pouvaient voir. Terminus. Dans l\'autre vie il fut pauvre comme un pauvre vrai de vrai dépossédé. Oubliez le
Chaque jour…
Chaque jour je m\'enfonce dans ton corps et le soleil vient bruire dans mes veines mes bras enlacent ta nudité sans rivages où je déferle pareil à
ET L\'AMOUR MÊME EST ATTEINT
Dans l\'envol d\'un espace baigné d\'eau médiantes sur cette terre de la nostalgie rauque et basse recouverte et découverte par l\'aile de
En une seule phrase nombreuse
Je demande pardon aux poètes que j’ai pillés poètes de tous pays, de toutes époques, je n’avais pas d’autres mots, d’autres écritures que les
Nature vivante
Le vent rend l’âme dans un amas d’ombre les étoiles bourdonnent dans leurs feux d’abeilles et l’air est doux d’un passage d’écureuil tu déjoues le
L’héritage et la descendance
Et ce fut lorsqu’il vint un oiseau d’éternité qui longtemps se changea en crépuscule aujourd’hui cet oiseau avec la mémoire venue
Corolle ô fleur
(sur un ton faussement mallarméen) Corolle ô fleur ton sourire ouverte échappe des abeilles d’or reviennent les soirs bruns ivres Infante des
Séquences
Parmi les hommes dépareillés de ces temps je marche à grands coups de tête à fusée chercheuse avec de pleins moulins de bras sémaphore du vide de
Demain, l’histoire
Triste pareil à moi il ne s’en fait plus je regarde ce peuple qui va bientôt mourir triste ainsi qu’il n’est plus possible de l’être
Cantique des horizons
(sur un ton faussement valéryen) Ne vois-tu pas ma blonde quelque petit bateau courir les hautes eaux les légendes du monde quelque petit
Ce que la mer…
Ce que la mer chante à des milles d’ici la force de ton ventre, le besoin absolu de m’ériger en toi voici que mes bras de mâle amour
La rose et l\'oeillet, chanson
Mon amour la rose et l’œillet mon amour et les lilas Dans les départs et les paroles elle m’a aimé en coup de vent était-ce vrai ou bien
Plus belle que les larmes
Jeune fille plus belle que les larmes qui ont coulé plus qu\'averses d\'avril beaux yeux aux ondes de martin-pêcheur où passaient les
L’ombre de l’ombre
La mort trébuchera dans sa dernière moisson nous ne sommes plus qu’un dernier brin d’herbe en tête-à-tête avec la vie puis le monde n’est plus
Soir tourmente
La pluie bafouille aux vitres et soudain ça te prend de courir dans tes pas plus loin pour fuir la main sur nous tu perds tes yeux dans les
Le mémorable
À cause… de ta robustesse devant les orages de la vie et de ta confiance d’un possible avenir. SANDRINE B. Avec l’ennui, la rafale, la montagne
L\'homme agonique
Jamais je n\'ai fermé les yeux malgré les vertiges sucrés des euphories même quand mes yeux sentaient le roussi ou en butte aux rafales
Jeune fille
Jeune fille plus belle que toutes nos légendes de retour à la maison que protègent les mères secrète et enjouée parmi les êtres de l'été elle
Une fin comme une autre (ou une mort en poésie…)
Si tu savais comme je lutte de tout mon souffle contre la malédiction de bâtiments qui craquent telles ces forces de naufrage qui me hantent tel
Fragment de la vallée
Pays de jointures et de fractures vallée de l’Archambault étroite comme les hanches d’une femme maigre diamantaire clarté les échos comme des
Paris
Dans les lointains de ma rencontre des hommes le cœur serré comme les maisons d’Europe avec les maigres mots frileux de mes héritages avec la
Corps second
C’est en nous et c’est nous dans son propre ébranlement tourbillon corps de la danse second arborescent multiplié éros noué et
Foyer naturel
Ma belle folie crinière au vent je m\'abandonne à toi sur les chemins avec les yeux magiques du hibou jusque dans les fins fonds du mal
Le quatrième amour
Pour parler de toi à mes côtés je retrouve ma voix pêle-mêle la lévitation de ma force et les jeux qui ne sont pas faits Par ces temps nous
En Outaouais
Terre encore, terre éprise ! les hauteurs de la nuit s’éloignent dans l’aura des montagnes violettes… et d’entre les neiges tes os à fleur de
Chagrin
Le temps et l’avalanche hiver comme un mort qui bleuit la sainte folie reste écrouée dans ma face hurlante et baignante en bruits de fleurs de
Mer jours
Mer jours et de harpes sans oiseaux pour de secrètes marées disparues dans l’anfractuosité des silences tu retisses à rebours les souffles à
Oh secourez-moi !
Oh secourez-moi les mains amicales Chassez de moi les noctambules de mes solitudes Conjurez les tourmentes où mon âme est leur proie rouge Des
Arrière-souvenir
Pour Isabelle Au milieu des désirs des ressacs de la ville incessant son souvenir comme un fond de ciel qui brille ô souvenir
En Archambault
Cette terre dans mes épaules cette branche qui dans ma voix bruit c’est déjà, et encore l’hiver ! sa nuit de merveille et de misère noire dans le
Conjuration au destin
I J’en sais trop dans mon âge pour ne pas dire ce qui vient les origines sont menacées par ce qui foudroie l’avenir nous entrons dans
Poème de séparation 2
Tu fus quelques nuits d'amour en mes bras et beaucoup de vertige, beaucoup d'insurrection même après tant d'années de mer entre nous à chaque aube
LISBONNE
Mais là où je vais dans l’éphémère de grâce et d’amitié laissez-moi en l’absence gardez-moi en elle parcourant les rues comme
ROME
Lorsque je suis à Rome, de tout temps je vois déambuler Monsieur Jannini. À Rome, chacun est dans son siècle qui sur sa place devant sa
Poème de séparation I
Comme aujourd'hui quand me quitte cette fille chaque fois j'ai saigné dur à n'en pas tarir par les sources et les noeuds qui s'enchevêtrent je ne
Ma désolée sereine
Ma désolée sereine ma barricadée lointaine ma poésie les yeux brûlés tous les matins tu te lèves à cinq heures et demie dans ma ville et les
TGV LYON
À Lyon, parmi toutes sortes de pas perdus les miens me déportant à la hauteur de ce banc de gare où elle est assise mais la cohue m’emporte et sur
Errant amour
Ainsi créatures de l’hallucinante dépossession le brasier roule en mon corps tous les tonnerres la démence atteint les plus haut
La braise et l'humus
Rien n'est changé de mon destin ma mère mes camarades le chagrin lui toujours d'une mouche à feu à l'autre je suis taché de mon amour comme on est
Petite suite en lest
Jadis enfant mon poing révolté a bondi dans l'espace il a sifflé dans les arcs-en-ciel aérolithe on l'a retrouvé ce matin je ne sais plus
Répit
Je le pense : ce monde a peu de réalité je suis fait des trous noirs de l’univers Parfois quelquefois, en quelque lieu d’un paysage bouge une
Seul et seule
Si tant que dure l’amour j’ai eu noir j’ai eu froid tellement souvent tellement longtemps si tant que femme s’en va il fait encore encore
PADOUE
Les choses sont loin, les êtres, le monde toujours plus loin en avant dans les régions obscures de l’âge Mais un jour vous marchiez près de moi
Vérité irréductible
Ô ton visage comme un nénuphar flottant Et le temps c’est le cœur des aulnes À regretter continu sur des rives insensées Ton
Stèle
Ci-gît, rien que pour la frime ici ne gît pas, mais dans sa langue Archaïque Miron enterré nulle part comme le vent (Gaston Miron, Poèmes
19 ans
Moi je suis si mêlé de vouloirs que j’ai honte Tant meurtri de refus tant dévoré de peurs Des contrées sans amour d’où le cri ne remonte Je me
Semaines
Cortèges des semaines Les voix qui chantent faux Le jargon de nos peines Les amours mécanos La jarre est dans l’eau morte Les
Une génération
Ô mes camarades Je vous écris pour vous parler à hauteur de sol Je laisse errer sur vous mon haleine de fleuve libéré des glaces Je ne chante
La condition de voir
On marche toujours devant le mur On cherche à passer Sur un mur le corps s’imprime Sur un mur les yeux pivotent Il faut bien finir par
Arda
Ô mon intense je reconnais ce qui me arde Le corps de l’amour est deux Et l’ombre au fond de nous s’éclaire (Gaston Miron, Poèmes
Félicité
Félicité Angers que j’appelle, Félicité où es-tu toi de même tu n’as pas de maison ni de chaise tu erres, aujourd’hui, tel que moi, hors de
Dans mes arpents d’yeux
Enfin je peux te regarder face à face dans le plus végétal maintien de l’espace terre tour à tour taciturne et tourmenteuse terre tout à la fois
La fin du passé
Le temps de son corps fut bref. Et la femme n’a pas existé avec son beau corps de rupture dans mes bras d’espérance déjà son corps
Naissance et mort de l’amour
J’ai cru connaître enfin de toujours le nom de la femme en dedans de moi que j’ai rencontrée un Noël à jamais dans sa maison en fête par le
L’été
Voici l’été de ton nom murmuré le grand été vert tout autour de ta maison et si doux quand glisse dessus ton regard voici les miels de
