Ballade finale
de François Villon(2005)
1 min lectură
Mediu
Ici se clôt le testament
Et finit du pauvre Villon.
Venez à son enterrement,
Quand vous orrez le carillon,
Vêtus rouge com vermillon,
Car en amour mourut martyr :
Ce jura-t-il sur son couillon
Quand de ce monde vout partir.
Et je crois bien que pas n\'en ment,
Car chassé fut comme un souillon
De ses amours haineusement,
Tant que, d\'ici à Roussillon,
Brosse n\'y a ne brossillon
Qui n\'eût, ce dit-il sans mentir,
Un lambeau de son cotillon,
Quand de ce monde vout partir.
Il est ainsi et tellement,
Quand mourut n\'avoit qu\'un haillon ;
Qui plus, en mourant, malement
L\'époignoit d\'Amour l\'aiguillon ;
Plus aigu que le ranguillon
D\'un baudrier lui faisoit sentir
(C\'est de quoi nous émerveillon)
Quand de ce monde vout partir.
Prince, gent comme émerillon,
Sachez qu\'il fit au départir :
Un trait but de vin morillon,
Quand de ce monde vout partir.
