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Portret Hector de Saint-Denys Garneau

Hector de Saint-Denys Garneau

(n. 13 Iun 1912)

" (Montréal, 1912 - Sainte-Catherine-de-Fossambault, 1943) Poète, Saint-Denys Garneau est l'arrière-petit-fils de François-Xavier Garneau. Il passe"
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ACCOMPAGNEMENT

Je marche à côté d’une joie D’une joie qui n’est pas à moi D’une joie à moi que je ne puis pas prendre Je marche à côté de moi en joie

Hector de Saint-Denys Garneau

Le jeu

Ne me dérangez pas je suis profondément occupé Un enfant est en train de bâtir un village C\'est une ville, un comté Et qui sait

Hector de Saint-Denys Garneau

Maison fermée

Je songe à la désolation de l\'hiver Aux longues journées de solitude Dans la maison morte — Car la maison meurt où rien n\'est ouvert — Dans

Hector de Saint-Denys Garneau

Le Dinosaure

Il était gigantesque Et son nom je vous dis Était presque Aussi grand que lui. Il s\'appelait Dinosaurus Et puis ce n\'est pas tout Il

Hector de Saint-Denys Garneau

Portrait

C\'est un drôle d\'enfant C\'est un oiseau Il n\'est plus là II s\'agit de le trouver De le chercher Quand il est là Il s\'agit de ne pas

Hector de Saint-Denys Garneau

Cage d’oiseau

Je suis une cage d\'oiseau Une cage d\'os Avec un oiseau L\'oiseau dans ma cage d\'os C\'est la mort qui fait son nid Lorsque rien

Hector de Saint-Denys Garneau

Fièvre

Reprend le feu Sous les cendres Attention On ne sait pas Dans les débris Attention On sait trop bien Dans les débris Le moindre souffle

Hector de Saint-Denys Garneau

Les Grands Saules chantent

Les grands saules chantent Mêlés au ciel Et leurs feuillages sont des eaux vives Dans le ciel Le vent Tourne leurs feuilles D\'argent Dans

Hector de Saint-Denys Garneau

Commencement perpétuel

Un homme d’un certain âge Plutôt jeune et plutôt vieux Portant des yeux préoccupés Et des lunettes sans couleur Est assis au pied d’un mur Au

Hector de Saint-Denys Garneau

Paysage en deux couleurs sur fond de ciel

La vie la mort sur deux collines Deux collines quatre versants Les fleurs sauvages sur deux versants L\'ombre sauvage sur deux versants. Le

Hector de Saint-Denys Garneau

Accueil

Moi ce n\'est que pour vous aimer Pour vous voir Et pour aimer vous voir Moi ça n\'est pas pour vous parler Ça n\'est pas pour des

Hector de Saint-Denys Garneau

Spleen

Ah ! quel voyage nous allons faire Mon âme et moi, quel lent voyage Et quel pays nous allons voir Quel long pays, pays d’ennui. Ah ! d’être

Hector de Saint-Denys Garneau

Faction

On a décidé de faire la nuit Pour une petite étoile problématique A-t-on le droit de faire la nuit Nuit sur le monde et sur notre coeur Pour

Hector de Saint-Denys Garneau

C\'est eux qui m\'ont tué

C\'est eux qui m\'ont tué Sont tombés sur mon dos avec leurs armes, m\'ont tué Sont tombés sur mon dos avec leur haine, m\'ont tué Sont tombés

Hector de Saint-Denys Garneau

Baigneuse

Ah! le matin dans mes yeux sur la mer Une claire baigneuse a ramassé sur elle toute la lumière du paysage. (Hector de Saint-Denys Garneau, Les

Hector de Saint-Denys Garneau

Aimer

Ne pas pouvoir aimer, oh ! c\'est mourir, hélas ! Car on vit pour aimer et l\'on aime pour vivre. Que serait un sommeil qui ne connaîtrait

Hector de Saint-Denys Garneau

Ma maison

Je veux ma maison bien ouverte, Bonne pour tous les miséreux. Je l\'ouvrirai à tout venant Comme quelqu\'un se souvenant D\'avoir longtemps

Hector de Saint-Denys Garneau

Autrefois

Autrefois j\'ai fait des poèmes Qui contenaient tout le rayon Du centre à la périphérie et au-delà Comme s\'il n\'y avait pas de périphérie

Hector de Saint-Denys Garneau

Petite fin du monde

Oh! Oh! Les oiseaux morts Les oiseaux les colombes nos mains Qu\'est-ce qu\'elles ont eu qu\'elles ne se reconnaissent plus On les a

Hector de Saint-Denys Garneau

Flûte

Tous les champs ont soupiré par une flûte Tous les champs à perte de vue ondulés sur les buttes Tendus verts sur la respiration calme des

Hector de Saint-Denys Garneau

Spectacle de la danse

Mes enfants vous dansez mal Il faut dire qu\'il est difficile de danser ici Dans ce manque d\'air Ici sans espace qui est toute la

Hector de Saint-Denys Garneau

C\'est là sans appui

Je ne suis pas bien du tout assis sur cette chaise Et mon pire malaise est un fauteuil où l\'on reste Immanquablement je m\'endors et j\'y

Hector de Saint-Denys Garneau

L\'aquarelle

Est-il rien de meilleur pour vous chanter les champs Et vous les arbres transparents Les feuilles Et pour ne pas cacher la moindre des

Hector de Saint-Denys Garneau

Saules

Les saules au bord de l’onde La tête penchée Le vent peigne leurs chevelures longues Les agite au-dessus de l’eau Pendant qu’ils songent Et se

Hector de Saint-Denys Garneau

Pins à contre-jour

Dans la lumière leur feuillage est comme l\'eau Des îles d\'eau claire Sur le noir de l\'épinette ombrée à contre-jour Ils ruissellent Chaque

Hector de Saint-Denys Garneau

Tu croyais tout tranquille

Tu croyais tout tranquille Tout apaisé Et tu pensais que cette mort était aisée Mais non, tu sais bien que j\'avais peur Que je n\'osais

Hector de Saint-Denys Garneau

L’automne, 1927

Tendre nature, hier tu souriais d\'amour, Le printemps embaumé t\'apportait ce beau jour; Au soleil renaissait une splendeur nouvelle, Les

Hector de Saint-Denys Garneau

Glissement

Qu\'est-ce que je machine à ce fil pendu À ce fil une étoile à la lumière, Vais-je mourir là pendu Ou mourir un noyé fatigué de

Hector de Saint-Denys Garneau

Silence

Toutes paroles me deviennent intérieures Et ma bouche se ferme comme un coffre qui contient des trésors Et ne prononce plus ces paroles dans le

Hector de Saint-Denys Garneau

Les enfants

Les enfants Ah! les petits monstres Ils vous ont sauté dessus Comme ils grimpent après les trembles Pour les fléchir Et les faire pencher

Hector de Saint-Denys Garneau

Monde irrémédiable désert

Dans ma main Le bout cassé de tous les chemins Quand est-ce qu\'on a laissé tomber les amarres Comment est-ce qu\'on a perdu tous les

Hector de Saint-Denys Garneau

Qu’est-ce qu’on peut

Qu\'est-ce qu\'on peut pour notre ami au loin là-bas à longueur de notre bras Qu\'est-ce qu\'on peut pour notre ami Qui souffre une douleur

Hector de Saint-Denys Garneau

Les ormes

Dans les champs Calmes parasols Sveltes, dans une tranquille élégance Les ormes sont seuls ou par petites familles. Les ormes calmes font de

Hector de Saint-Denys Garneau

Rivière de mes yeux

Ô mes yeux ce matin grands comme des rivières Ô l\'onde de mes yeux prêts à tout refléter Et cette fraîcheur sous mes paupières Extraordinaire Tou

Hector de Saint-Denys Garneau

À part vingt-cinq fleurs

À part vingt-cinq fleurs qui ont brûlé pendant le jour le jardin est beau À part vingt-cinq fleurs qui sont fanées et nous partons faire une

Hector de Saint-Denys Garneau

Un mort demande à boire

Un mort demande à boire Le puits n\'a plus tant d\'eau qu\'on le croirait Qui portera réponse au mort La fontaine dit mon onde n\'est pas pour

Hector de Saint-Denys Garneau

Lassitude

Je ne suis plus de ceux qui donnent Mais de ceux-là qu’il faut guérir. Et qui viendra dans ma misère? Qui aura le courage d’entrer dans cette

Hector de Saint-Denys Garneau

La flûte

Si près de l’émotion : Le souffle est là, la flûte l’épouse, Tout près, Tout contre le souffle. (Hector de Saint-Denys Garneau, Les

Hector de Saint-Denys Garneau

Les pins

Les grands pins, vous êtes pour moi semblables à la mer. La rythmique lenteur de vos balancements, Vos grands sursauts quand vous luttez contre le

Hector de Saint-Denys Garneau

Parole sur ma lèvre

Parole sur ma lèvre déjà prends ton vol, tu n\'es plus à moi Va-t-en extérieure, puisque tu l\'es déjà ennemie Parmi

Hector de Saint-Denys Garneau

La voix des feuilles

La voix des feuilles Une chanson Plus claire un froissement De robes plus claires aux plus transparentes couleurs. (Hector de Saint-Denys

Hector de Saint-Denys Garneau

Lucille

Depuis que je vous ai quittée, Oh : ma belle Lucille! Je voudrais toujours vous regarder Vos beaux yeux aux longs cils Ma Lucille jolie,

Hector de Saint-Denys Garneau

L’automne, 1926

Entre les feuilles aux vives couleurs, Le Soleil, aux rayons ardents, Se mire dans le ruisseau qui pleure, Y fait danser mille diamants.

Hector de Saint-Denys Garneau

Les cils des arbres

Les cils des arbres au bord de ce grand oeil de la nuit Des arbres cils au bord de ce grand oeil la nuit Les montagnes des grèves autour de ce

Hector de Saint-Denys Garneau

Pins

Vert duvet Bleus flocons légers Contre les feuilles, Argent vert Poèmes retrouvés\" in \"Oeuvres\" (1971), 27 août 1935

Hector de Saint-Denys Garneau

La Rivière de Rawdon

Les eaux agitées de la petite rivière Passent rapidement et lorsque sur les pierres Elles se brisent, furieuses, elles blanchissent d\'écume,

Hector de Saint-Denys Garneau

Voix du vent

La grande voix du vent Toute une voix confuse au loin Puis qui grandit en s\'approchant, devient Cette voix-ci, cette voix-là De cet arbre et de

Hector de Saint-Denys Garneau

La Vieille Roue du Moulin

Vieille roue, cependant que tout est endormi Et que l\'aurore à peine a doré l\'horizon, À quoi donc songes-tu ? et quelle rêverie Enivre ton

Hector de Saint-Denys Garneau

Musique

Musique pour moi ce soir lointaine Dévoilée au loin tu transportes là-bas mon âme Chanson des collines rythmes Que la distance réunit en ces

Hector de Saint-Denys Garneau

Le Cimetière

L’air est tiède, enivrant; le vent s’est arrêté Dans sa course rapide et sur la plaine douce Repose mollement. Le soleil a glissé Du haut du

Hector de Saint-Denys Garneau

Lanternes

Vieilles Pauvres lumières pendues Immobiles parmi la fumée Comme des silences perdus Qu\'est-ce que vous faites-là, et qu\'est-ce Je vous prie

Hector de Saint-Denys Garneau

Quand loin de ton coeur

Quand loin de ton coeur, ton coeur vénéré Quand loin de ta chair, ta chair fraternelle Quand loin de tes mains, colombes plus belles, Quand loin

Hector de Saint-Denys Garneau

L’avenir nous met en retard

L’avenir nous met en retard Demain c’est comme hier on n’y peut pas toucher On a la vie devant soi comme un boulet lourd aux

Hector de Saint-Denys Garneau

Monde irrémédiable désert

Dans ma main Le bout cassé de tous les chemins Quand est-ce qu\'on a laissé tomber les amarres Comment est-ce qu\'on a perdu tous les

Hector de Saint-Denys Garneau

Mon cher François…

(Poème adressé à François avec une carte représentant le manoir Juchereau-Duchesnay et daté du 1e janvier 1939) Mon cher François, gonacho

Hector de Saint-Denys Garneau

Le silence des maisons vides

Le silence des maisons vides Est plus noir que celui qui dort dans les tombeaux, Le lourd silence sans repos Où passent les heures livides. On

Hector de Saint-Denys Garneau

Mon dessein

Mon dessein n'est pas un très bel édifice bien vaste, solide et parfait Mais plutôt de sortir en plein air Il y a les plantes, l'air et les

Hector de Saint-Denys Garneau

Identité

I. Identité Toujours rompue. Le pas étrange de notre coeur Nous rejoint à travers la brume On l’entend quel drôle de

Hector de Saint-Denys Garneau

On n’avait pas fini

– I – On n’avait pas fini de ne plus se comprendre On avançait toujours à se perdre de vue On n’avait pas fini de se trouver les plaies On

Hector de Saint-Denys Garneau

Le jour, les hymnes

Le jour, les hymnes furent pauvres Il leur a fallu le crépuscule, la venue de la nuit Nos chemins Nos champs Nos forêts Nos

Hector de Saint-Denys Garneau

Leur cœur est ailleurs

Leur coeur est ailleurs Au ciel peut-être Elles errent ici en attendant Mon coeur est parmi d’autres astres parti Loin d’ici Et sillonne la

Hector de Saint-Denys Garneau

Quand la fatigue morne

Quand la fatigue morne éteint l’avidité L’âpre curiosité et le désir énorme Lorsque les yeux vidés comme un phare sans feu Ne découvrent plus

Hector de Saint-Denys Garneau

Une sorte de repos

Une sorte de repos à regarder un ciel passant Tout ce qui pèse fut relégué Le désespoir pas de bruit dort sous la pluie La Poésie est une

Hector de Saint-Denys Garneau

Te voilà verbe

Te voilà verbe en face de mon être un poème en face de moi Par une projection par delà moi de mon arrière-conscience

Hector de Saint-Denys Garneau

Un poème a chantonné tout le jour

Un poème a chantonné tout le jour Et n’est pas venu On a senti sa présence tout le jour Soulevante Comme une eau qui se

Hector de Saint-Denys Garneau

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