Yorick-Colomb
de Friedrich Nietzsche(2008)
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Mediu
Amie, dit Colomb, plus jamais
N’aie confiance en Génois!
Toujours son regard fixe l’azur –
Le toujours trop lointain l’attire trop!
C’est le plus inconnu qui maintenant m’est cher!
Gênes a sombré, s’est estompé –
Du calme, mon cœur! La main ferme sur la barre!
Et devant moi la mer – la terre? – un continent?
C’est là que j’irai, et désormais
À moi seul, à ma poigne, je m’en remets.
La mer s’ouvre devant moi, vers l’azur
Ma nef génoise est emportée.
Tout est sans cesse plus nouveau,
- Loin devant moi brillent espace et temps –
Le plus beau des monstres, l’Éternité,
Me sourit de toutes ses dents.
(Friedrich Nietzsche, Poèmes et fragments poétiques posthumes, (1882-1888)
