Second adieu
de Friedrich Nietzsche(2014)
1 min lectură
Mediu
Le soleil fait reluire les champs de neige,
les larmes me montent aux yeux,
envolés !
Une brise venue du sud vient murmurer,
forêt et buisson sans fleurs ni feuilles
envolés !
Un bourgeon s’est ouvert au matin,
il a pleuré le jour, est mort la nuit,
envolés !
Ô lumière du soleil, ô vent du sud,
pourquoi tromper le pauvre enfant ?
envolés !
Le sapin secoue silencieusement sa cime,
mon cœur est comme saupoudré de neige,
envolés !
Le sapin chante un chant funèbre,
le soleil est mort, le vent s’en va,
envolés !
1863
(Friedrich Nietzsche, Poèmes de jeunesse, 1858-1871)
