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Premier adieu

de Friedrich Nietzsche(2014)

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Les étoiles s’avancent tristement
au ciel nu
les vents demandent avec détresse,
pourquoi je suis si calme.
Et la fenêtre déverse
l’éclat de la pleine lune,
ô rayons chéris, apaisez
mon cœur et sa peine !
je ne sais si je dois rire, plaisanter,
ou pleurer ici –
mes yeux sont emplis de douleur
mais aussi d’ironie amère.
Et mes mains passent
ici et là presque en tremblant,
et mes pensées s’élargissent
à l’infini comme une mer.
J’ai entendu tinter les cloches
brièvement vers minuit.
Cela veut dire à présent pour moi
qu’on a fait une tombe.
On a enterré une année,
le nouvel an s’annonce.
On a enterré mon cœur,
et nul ne s’est enquis de moi.
1862
(Friedrich Nietzsche, Poèmes de jeunesse, 1858-1871)

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Poezie
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Friedrich Nietzsche. “Premier adieu.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/friedrich-nietzsche/poezie/premier-adieu

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