L’esprit libre
de Friedrich Nietzsche(2022)
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Adieu
« Les corneilles en coassant
Gagnent la ville d’un vol bruissant :
Il va bientôt neiger
Malheur à celui qui n’a plus de – patrie !
Te voici maintenant planté là, figé,
Tu regardes en arrière ! hélas depuis combien de temps déjà ?
Quel fou es-tu pour t’être jeté
Par peur de l’hiver – dans le monde ?
Le monde – porte ouverte
Sur mille déserts muets et froids !
Qui a perdu
Ce que tu as perdu, ne peut faire halte nulle part.
Te voici maintenant, blafard,
condamné à cette errance hivernale,
Pareil à la fumée,
Toujours en quête de ciels plus froids.
Vole, oiseau, fredonne
Ton chant sur le mode de l’oiseau du désert !
Cache bien, fou, ton cœur qui saigne,
Sous le sarcasme et les frimas !
Les corneilles, en coassant
Gagnent la ville d’un vol bruissant :
Il va bientôt neiger,
Malheur à celui qui n’a plus de – patrie ! »
(Friedrich Nietzsche, Poèmes et fragments poétiques posthumes, (1882-1888).
