Jeune pêcheuse
de Friedrich Nietzsche(2008)
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Je rêve au matin calme,
regardant passer les nuages,
avec quelle douceur par les arbres
tremble la jeune journée.
La brume palpite et ondoie,
par-dessus l’aurore rose
-ô personne au monde ne sait
que je suis aussi triste.
La mer ondoie fraîche et douce,
passe sans repos ni répit,
il me vient un frisson particulier,
et je ferme les yeux.
La brume ne saurait voir
l’aurore rose au-dessus d’elle
-ô personne ne peut comprendre
pourquoi je suis aussi triste.
Volée d’oiseaux fuient gaiement
et chantent de façon si charmante, si gracieuse.
J’aimerais pouvoir voler
où mon cœur désire.
Les brumes ondoient et s’enflent,
recouvrant l’aurore rose,
-ô personne ne peut éprouver
à quel point je suis triste.
Je regarde et pleure,
aucune voile de tout horizon.
Si triste, si solitaire,
de chagrin mon cœur se brise.
La brume palpite et ondoie,
par-dessus l’aurore rose
Je suis seule au monde à savoir
pourquoi je suis si triste.
1862
(Friedrich Nietzsche, \"Poèmes de jeunesse, 1858-1871\")
