Au dieu inconnu
de Friedrich Nietzsche(2014)
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Une dernière fois, avant de m’en aller
et de tourner mes yeux vers l’avenir,
dans ma solitude, j’élève les mains vers toi
vers qui je cherche refuge,
toi à qui j’ai consacré des autels solennels
au plus profond de mon cœur.
Que ta voix en tout temps
me rappelle !
Ciselés, ces mots flamboient :
au dieu inconnu.
Je lui appartiens,
même si je suis resté jusqu’à cette heure
entouré de brigands :
Je suis à lui – même si je sens les liens
qui dans le combat m’attirent ici-bas,
et me forcent à le servir,
moi qui voudrais le fuir.
Je veux te connaître, inconnu,
toi qui pénètres au fond de mon âme,
toi qui traverses ma vie comme une tempête,
toi l’insaisissable, mon proche !
Je veux te connaître, je veux te servir.
Automne 1864
(Friedrich Nietzsche, Poèmes de jeunesse, 1858-1871)
