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Portret Emile Nelligan

Emile Nelligan

Poezie
" Emile Nelligan s-a nascut pe 24-XII-1879 in Montreal, Canada, si a murit pe 18-XI-1941. Nascut dintr-un tata irlandez si o mama franco-canadiana,"
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poezii
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A une femme detestee

Combien je vous déteste et combien je vous fuis : Vous êtes pourtant belle et très noble d\'allure, Les Séraphins ont fait votre ample

Emile Nelligan

Les Corbeaux

J\'ai cru voir sur mon coeur un essaim de corbeaux En pleine lande intime avec des vols funèbres, De grands corbeaux venus de montagnes

Emile Nelligan

Charles Baudelaire

Maître, il est beau ton Vers ; ciseleur sans pareil Tu nous charmes toujours par ta grâce nouvelle, Parnassien enchanteur du pays du soleil,

Emile Nelligan

Chopin

Fais, au blanc frisson de tes doigts, Gémir encore, ô ma maîtresse ! Cette marche dont la caresse Jadis extasia les rois. Sous les lustres aux

Emile Nelligan

The Ship of Gold

It was a great ship carved from solid gold: Its masts touched to the skies on uncharted seas; Venus, goddess of love, her hair streaming, her flesh

Emile Nelligan

Le chat fatal

Un soir que je fouillais maint tome Y recherchant quelque symptôme De morne idée, un chat fantôme Soudain sur moi sauta, Sauta sur moi de

Emile Nelligan

Chapelle de la morte

La chapelle ancienne est fermée, Et je refoule à pas discrets Les dalles sonnant les regrets De toute une ère parfumée. Et je

Emile Nelligan

Caprice blanc

L\'hiver, de son pinceau givré, barbouille aux vitres Des pastels de jardins de roses en glaçons. Le froid pique de vif et relègue aux

Emile Nelligan

Marches funebres

J\'écoute en moi des voix funèbres Clamer transcendentalement, Quand sur un motif allemand Se rythment ces marches célèbres. Au

Emile Nelligan

Banquet Macabre

A la santé du rire ! Et j\'élève ma coupe, Et je bois follement comme un rapin joyeux. O le rire ! Ha ! ha ! ha ! qui met la flamme aux

Emile Nelligan

Chateaux en Espagne

Je rêve de marcher comme un conquistador, Haussant mon labarum triomphal de victoire, Plein de fierté farouche et de valeur notoire, Vers

Emile Nelligan

Christ en croix

Je remarquais toujours ce grand Jésus de plâtre Dressé comme un pardon au seuil du vieux couvent, Echafaud solennel à geste noir, devant Lequel je

Emile Nelligan

Chapelle ruinee

Et je retourne encor frileux, au jet des bruines, Par les délabrements du parc d\'octobre. Au bout De l\'allée où se voit ce grand Jésus

Emile Nelligan

Tenebres

La tristesse a jeté sur mon coeur ses longs voiles Et les croassements de ses corbeaux latents; Et je rêve toujours au vaisseau des vingt

Emile Nelligan

Song of wine

Fresh in joy\'s live light all things coincide, This fine may eve! like living hopes that once Were in my heart, the choring birds once Their

Emile Nelligan

Violon d\'adieu

Vous jouiez Mendelssohn ce soir-là ; les flammèches Valsaient dans l\'âtre clair, cependant qu\'au salon Un abat-jour mêlait en

Emile Nelligan

Mazurka

Rien ne captive autant que ce particulier Charme de la musique où ma langueur s\'adore, Quand je poursuis, aux soirs, le reflet que

Emile Nelligan

Le perroquet

Aux jours de sa vieille détresse Elle avait, la pauvre négresse, Gardé cet oiseau d\'allégresse. Ils habitaient, au coin hideux, Un de ces

Emile Nelligan

La mort du moine

Voici venir les tristes frères Vers la cellule où tu te meurs. Ton esprit est plein de clameurs Et de musiques

Emile Nelligan

Sur un portrait du Dante

C\'est bien lui, ce visage au sourire inconnu, Ce front noirci du hâle infernal de l\'abîme, Cet oeil où nage encor la vision sublime : Le

Emile Nelligan

Le talisman

Pour la lutte qui s\'ouvre au seuil des mauvais jours, Ma mère m\'a fait don d\'un petit portrait d\'elle, Un gage auquel je suis resté depuis

Emile Nelligan

Notre-Dame des Neiges

Sainte Notre-Dame, en beau manteau d\'or, De sa lande fleurie Descend chaque soir, quand son Jésus dort En sa Ville-Marie. Sous

Emile Nelligan

Lied fantastique

Casqués de leurs shakos de riz, Vieux de la vieille au mousquet noir, Les hauts toits, dans l\'hivernal soir, Montent la consigne à Paris.

Emile Nelligan

Texte în alte limbi:

Berceuse

Quelqu\'un pleure dans le silence Morne des nuits d\'avril ; Quelqu\'un pleure la somnolence Longue de son exil. Quelqu\'un pleure sa douleur

Emile Nelligan

Je sens voler en moi les oiseaux du génie

Je sens voler en moi les oiseaux du génie, Mais j`ai tendu si mal mon piège qu`ils ont pris Dans l`azur cérébral leurs vols blancs, bruns et

Emile Nelligan

Fantaisie créole

Or, la pourpre vêt la véranda rose Au motif câlin d\'une mandoline, En des sangs de soir, aux encens de rose, Or, la pourpre vêt la véranda

Emile Nelligan

Je plaque lentement les doigts de mes névroses

Je plaque lentement les doigts de mes névroses, Chargés des anneaux noirs de mes dégoûts mondains, Sur le sombre clavier de la vie et des choses.

Emile Nelligan

À Georges Rodenbach

Blanc, blanc, tout blanc, ô Cygne ouvrant tes ailes pâles, Tu prends l\'essor devers l\'Éden te réclamant, Du sein des brouillards gris de ton

Emile Nelligan

Confession Nocturne

Prêtre, je suis hanté, c'est la nuit dans la ville, Mon âme est le donjon des mortels péchés noirs, Il pleut une tristesse horrible aux

Emile Nelligan

Soirs d\'automne

Voici que la tulipe et voilà que les roses, Sous le geste massif des bronzes et des marbres, Dans le Parc où l\'Amour folâtre sous les arbres,

Emile Nelligan

Aubade rouge

L\'aube éclabousse les monts de sang Tout drapés de fine brume, Et l\'on entend meugler frémissant Un boeuf au naseau qui fume. Voici

Emile Nelligan

Automne

Comme la lande est riche aux heures empourprées, Quand les cadrans du ciel ont sonné les vesprées! Quels longs effeuillements d\'angélus par les

Emile Nelligan

Les chats

Aux becs de gaz éteints, la nuit, en la maison, Ils prolongent souvent des plaintes éternelles; Et sans que nous puissions dans leurs glauques

Emile Nelligan

Coeurs blasés

Leurs yeux se sont éteints dans la dernière Nuit; Ils ont voulu la vie, ils ont cherché le Rêve Pour leurs coeurs blasphémants d’où l’espoir

Emile Nelligan

Hiver sentimental

Loin des vitres ! clairs yeux dont je bois les liqueurs, Et ne vous souillez pas à contempler les plèbes. Des gels norvégiens métallisent les

Emile Nelligan

Soir d\'hiver

Ah! comme la neige a neigé! Ma vitre est un jardin de givre. Ah! comme la neige a neigé! Qu\'est-ce que le spasme de vivre A la douleur que

Emile Nelligan

La romance du vin

Tout se mêle en un vif éclat de gaieté verte O le beau soir de mai ! Tous les oiseaux en choeur, Ainsi que les espoirs naguère à mon

Emile Nelligan

Violon de villanelle

Sous le clair de lune au frais du vallon, Beaux gars à chefs bruns, belles à chef blond, Au son du hautbois ou du violon Dansez la villanelle.

Emile Nelligan

Le vaisseau d\'or

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l\'or massif: Ses mâts touchaient l\'azur, sur des mers inconnues; La Cyprine d\'amour, cheveux épars,

Emile Nelligan

La sorella dell\'amore

Mort, que fais-tu, dis-nous, de tous ces beaux trophées De vierges que nos feux brûlent sur tes autels ? Réponds, quand serons-nous pour jamais

Emile Nelligan

Le bœuf spectral

Le grand boeuf roux aux cornes glauques Hante là-bas la paix des champs, Et va meuglant dans les couchants Horriblement ses râles rauques. Et

Emile Nelligan

Sérénade triste

Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent, Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes. Vous tombez au jardin de rêve

Emile Nelligan

L’Ultimo Angelo del Correggio

Les yeux hagards, la joue pâlie, Mais le coeur ferme et sans regret, Dans sa mansarde d\'Italie Le divin Corrège expirait. Autour de l\'atroce

Emile Nelligan

Soirs d\'octobre

- Oui, je souffre, ces soirs, démons mornes chers Saints. - On est ainsi toujours au soupçon des Toussaints. - Mon âme se fait dune à funèbres

Emile Nelligan

Les petits oiseaux

Puisque Rusbrock m\'enseigne À moi, dont le coeur saigne Sur tout ce qui se baigne Dans le malheur, À vous aimer, j\'élève Ma pensée à ce rêve

Emile Nelligan

Thème sentimental

Je t\'ai vue un soir me sourire Dans la planète des Bergers : Tu descendais à pas légers Du seuil d\'un château de porphyre. Et ton oeil de

Emile Nelligan

Je sais là-bas une vierge rose

Je sais là-bas une vierge rose Fleur du Danube aux grands yeux doux Ô si belle qu’un bouton de rose Dans la contrée en est jaloux. Elle a

Emile Nelligan

Béatrice

D’abord j’ai contemplé dans le berceau de chêne Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir ; Puis vint la grande fille aux yeux couleur d’ébène, Une

Emile Nelligan

Le tombeau de la négresse

Alors qu\'il nous eût fui le grand vent des hivers, Aux derniers ciels pâlis de mars, nous la menâmes Dans le hallier funèbre aux odeurs de

Emile Nelligan

Beauté cruelle

Certes, il ne faut avoir qu'un amour en ce monde, Un amour, rien qu'un seul, tout fantasque soit-il; Et moi qui le recherche ainsi, noble et

Emile Nelligan

Devant deux portraits de ma mère

Ma mère, que je l’aime en ce portrait ancien, Peint aux jours glorieux qu’elle était jeune fille, Le front couleur de lys et le regard qui brille

Emile Nelligan

La Bénédictine

Elle était au couvent depuis trois mois déjà, Et le désir divin grandissait dans son être, Lorsqu'un soir, se posant au bord de sa fenêtre, Un

Emile Nelligan

Bergère

Vous que j'aimai sous les grands houx, Aux soirs de bohème champêtre, Bergère, à la mode champêtre, De ces soirs vous souvenez-vous ? Vous

Emile Nelligan

Gretchen la Pâle

Elle est de la beauté des profils de Rubens Dont la majesté calme à la sienne s'incline. Sa voix a le son d'or de mainte mandoline Aux balcons

Emile Nelligan

Clair de lune intellectuel

Ma pensée est couleur de lumières lointaines, Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs. Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs

Emile Nelligan

Devant le feu

Par les hivers anciens, quand nous portions la robe, Tout petits, frais, rosés, tapageurs et joufflus, Avec nos grands albums, hélas ! que l’on

Emile Nelligan

La belle morte

Ah! la belle morte, elle repose... En Éden blanc un ange la pose. Elle sommeille emmi les pervenches, Comme en une chapelle aux

Emile Nelligan

Château rural

J'eus ce rêve. Elle a vingt ans, je n'en ai pas moins ; Nous habiterons ces chers coins Qu'embaumeront ses soins. Ce sera là tout près, oui,

Emile Nelligan

Jardin sentimental

Là, nous nous attardions aux nocturnes tombées, Cependant qu'alentour un vol de scarabées Nous éblouissait d'or sous les lueurs plombées, De

Emile Nelligan

Clavier d'antan

Clavier vibrant de remembrance, J'évoque un peu des jours anciens, Et l'Eden d'or de mon enfance Se dresse avec les printemps siens, Souriant

Emile Nelligan

Le voyageur

À mon père Las d'avoir visité mondes, continents, villes, Et vu de tout pays, ciel, palais, monuments, Le voyageur enfin revient vers les

Emile Nelligan

Le Tombeau de la négresse

Alors qu\'il nous eût fui le grand vent des hivers, Aux derniers ciels pâlis de mars, nous la menâmes Dans le hallier funèbre aux odeurs de

Emile Nelligan

Ma mère

Quelquefois sur ma tête elle met ses mains pures, Blanches, ainsi que des frissons blancs de guipures. Elle me baise au front, me parle

Emile Nelligan

Le vent, le vent triste de l'automne !

"Beauté des femmes, leur faiblesse et ces mains pâles Qui font souvent le bien, et peuvent tout le mal." Paul VERLAINE Avec le cri qui

Emile Nelligan

La chanson de l'ouvrière

À Denys Lanctôt Les heurs crèvent comme une bombe ; À l'espoir notre jour qui tombe Se mêle avec le confiant. Pique aiguille ! assez piqué,

Emile Nelligan

Quelqu'un pleure dans le silence

Quelqu'un pleure dans le silence Morne des nuits d'avril ; Quelqu'un pleure la somnolence Longue de son exil ; Quelqu'un pleure sa douleur Et

Emile Nelligan

Mon âme

Mon âme a la candeur d'une chose étiolée, D'une neige de février... Ah ! retournons au seuil de l'Enfance en allée, Viens-t-en prier...

Emile Nelligan

Nocturne

À Denys Lanctôt C'est l'heure solennelle et calme du silence, L'Angélus a sonné notre prière à Dieu ; Le coeur croyant sommeille en un repos

Emile Nelligan

Les Déicides

I Ils étaient là, les Juifs, les tueurs de prophètes, Quand le sanglant Messie expirait sur la croix ; Ils étaient là, railleurs et bourreaux

Emile Nelligan

Rêve de Watteau

Quand les pastours, aux soirs des crépuscules roux Menant leurs grands boucs noirs aux râles d'or des flûtes, Vers le hameau natal, de par delà

Emile Nelligan

L’idiote aux cloches

I Elle a voulu trouver les cloches Du Jeudi-Saint sur les chemins ; Elle a saigné ses pieds aux roches À les chercher dans les soirs

Emile Nelligan

Rêve d'artiste

Parfois j'ai le désir d'une soeur bonne et tendre, D'une soeur angélique au sourire discret: Soeur qui m'enseignera doucement le secret De prier

Emile Nelligan

Sonnet d'or

Dans le soir triomphal la froidure agonise Et les frissons divins du printemps ont surgi ; L'Hiver n'est plus, vivat ! car l'Avril bostangi, Du

Emile Nelligan

Pan moderne

Pour patrimoine il a sept chèvres ; Quand l'air de l'aube en ses poumons Vibre, on le voit passer par monts Comme un bon dieu la flûte aux

Emile Nelligan

Petit vitrail

Jésus à barbe blonde, aux yeux de saphir tendre, Sourit dans un vitrail ancien du défunt choeur Parmi le vol sacré des chérubins en choeur Qui

Emile Nelligan

Les vieilles rues

Que vous disent les vieilles rues Des vieilles cités ?... Parmi les poussières accrues De leurs vétustés, Rêvant de choses disparues, Que vous

Emile Nelligan

Le jardin d'antan

Rien n'est plus doux aussi que de s'en revenir Comme après de longs ans d'absence, Que de s'en revenir Par le chemin du souvenir Fleuri de lys

Emile Nelligan

Petit hameau

Or voici que verdoie un hameau sur les côtes Plein de houx, orgueilleux de ses misères hautes. Des bergers s'étonnant contemplent dans la

Emile Nelligan

Lied fantasque

Casqués de leurs shakos de riz, Vieux de la vieille au mousquet noir, Les hauts toits, dans l'hivernal soir, Montent la consigne à Paris.

Emile Nelligan

La fuite de l'enfance

Par les jardins anciens foulant la paix des cistes, Nous revenons errer, comme deux spectres tristes, Au seuil immaculé de la Villa

Emile Nelligan

Le regret des joujoux

Toujours je garde en moi la tristesse profonde Qu'y grava l'amitié d'une adorable enfant, Pour qui la mort sonna le fatal olifant, Parce qu'elle

Emile Nelligan

Tristesse blanche

Et nos coeurs sont profonds et vides comme un gouffre, Ma chère, allons-nous-en, tu souffres et je souffre. Fuyons vers le castel de nos

Emile Nelligan

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