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Emile Nelligan
Emile NelliganPoezii (23 texte)

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La Bénédictine

Elle était au couvent depuis trois mois déjà, Et le désir divin grandissait dans son être, Lorsqu'un soir, se posant au bord de sa fenêtre, Un

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Bergère

Vous que j'aimai sous les grands houx, Aux soirs de bohème champêtre, Bergère, à la mode champêtre, De ces soirs vous souvenez-vous ? Vous

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Gretchen la Pâle

Elle est de la beauté des profils de Rubens Dont la majesté calme à la sienne s'incline. Sa voix a le son d'or de mainte mandoline Aux balcons

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Clair de lune intellectuel

Ma pensée est couleur de lumières lointaines, Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs. Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs

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Devant le feu

Par les hivers anciens, quand nous portions la robe, Tout petits, frais, rosés, tapageurs et joufflus, Avec nos grands albums, hélas ! que l’on

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Château rural

J'eus ce rêve. Elle a vingt ans, je n'en ai pas moins ; Nous habiterons ces chers coins Qu'embaumeront ses soins. Ce sera là tout près, oui,

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Jardin sentimental

Là, nous nous attardions aux nocturnes tombées, Cependant qu'alentour un vol de scarabées Nous éblouissait d'or sous les lueurs plombées, De

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Clavier d'antan

Clavier vibrant de remembrance, J'évoque un peu des jours anciens, Et l'Eden d'or de mon enfance Se dresse avec les printemps siens, Souriant

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Le voyageur

À mon père Las d'avoir visité mondes, continents, villes, Et vu de tout pays, ciel, palais, monuments, Le voyageur enfin revient vers les

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Le vent, le vent triste de l'automne !

"Beauté des femmes, leur faiblesse et ces mains pâles Qui font souvent le bien, et peuvent tout le mal." Paul VERLAINE Avec le cri qui

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Mon âme

Mon âme a la candeur d'une chose étiolée, D'une neige de février... Ah ! retournons au seuil de l'Enfance en allée, Viens-t-en prier...

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Les Déicides

I Ils étaient là, les Juifs, les tueurs de prophètes, Quand le sanglant Messie expirait sur la croix ; Ils étaient là, railleurs et bourreaux

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Rêve de Watteau

Quand les pastours, aux soirs des crépuscules roux Menant leurs grands boucs noirs aux râles d'or des flûtes, Vers le hameau natal, de par delà

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L’idiote aux cloches

I Elle a voulu trouver les cloches Du Jeudi-Saint sur les chemins ; Elle a saigné ses pieds aux roches À les chercher dans les soirs

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Sonnet d'or

Dans le soir triomphal la froidure agonise Et les frissons divins du printemps ont surgi ; L'Hiver n'est plus, vivat ! car l'Avril bostangi, Du

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Pan moderne

Pour patrimoine il a sept chèvres ; Quand l'air de l'aube en ses poumons Vibre, on le voit passer par monts Comme un bon dieu la flûte aux

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Petit vitrail

Jésus à barbe blonde, aux yeux de saphir tendre, Sourit dans un vitrail ancien du défunt choeur Parmi le vol sacré des chérubins en choeur Qui

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Les vieilles rues

Que vous disent les vieilles rues Des vieilles cités ?... Parmi les poussières accrues De leurs vétustés, Rêvant de choses disparues, Que vous

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Le jardin d'antan

Rien n'est plus doux aussi que de s'en revenir Comme après de longs ans d'absence, Que de s'en revenir Par le chemin du souvenir Fleuri de lys

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Petit hameau

Or voici que verdoie un hameau sur les côtes Plein de houx, orgueilleux de ses misères hautes. Des bergers s'étonnant contemplent dans la

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Lied fantasque

Casqués de leurs shakos de riz, Vieux de la vieille au mousquet noir, Les hauts toits, dans l'hivernal soir, Montent la consigne à Paris.

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La fuite de l'enfance

Par les jardins anciens foulant la paix des cistes, Nous revenons errer, comme deux spectres tristes, Au seuil immaculé de la Villa

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Le regret des joujoux

Toujours je garde en moi la tristesse profonde Qu'y grava l'amitié d'une adorable enfant, Pour qui la mort sonna le fatal olifant, Parce qu'elle

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Tristesse blanche

Et nos coeurs sont profonds et vides comme un gouffre, Ma chère, allons-nous-en, tu souffres et je souffre. Fuyons vers le castel de nos

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