Jacques Prévert est né à Neuilly-sur-Seine, le 4 février 1900, dans un milieu de petits bourgeois trop pieux 《dont il ne cessera de moquer les obsessions et les convenances》.
《Durant sa vie, il
Je te renifle lentement
ton corps blanc
descend sur mes lèvres
je te serre aux bandages
sur mes yeux
ma narine est ton ventre
je te renifle
profondément
sèchement
des fils blancs
ont suturé
《Je suis l’homme qui vit entre deux cultures, deux sensibilités, je suis l’homme qui a ses racines en Roumanie et ses ailes en France》.
Matei Vişniec est né au nord de la Roumanie le 29 janvier
j\'ai toujours senti
que mon amour tordu
t\'assombrissait ,
griffe froide
sur ta portée,
embrasse-moi pourtant,
embrasse les incisions opiatiques
sur ma nuque,
serre mes os
contre ta
le petit-déjeuner
aujourd\'hui
sur la peau échevelée
de mon sein
tu verses la confiture moelleuse
dans mes narines,
dans le café
la poudre de mes yeux paralysés
qui sommeillent
on se mâche
Le lit d'opale
entouré par des chats transparents
aliénés par les vapeurs du matin
au reflux
mon dernier cadre avec toi
est un masque naïf
de l'horloge arrêtée
dans ma rétine
peinte
Je t\'ai déçu
je n\'ai osé que griffonner mon sort
sur le papier
tandis que tes épaules nues
boitent
sous un parapluie froid
je n\'ai pas pu t\'aimer
ma peur s\'est déguisée en chien
les
il me prend par la main
on s\'assied à la table en spirale
aujourd\'hui à la fête
je contemple la joue poudrée de Gelsomine
et le rire exorcisé
de Marguerite
je bois au verre de tes
Aux confins de ce rêve
qui me vit
j\'aime broder des ofélias et des marguerites,
quelque part
sur un autre méridien,
j\'en suis sûre,
il y a quelqu\'un
qui ne se déguise
en chemin de
Mes yeux opiatiques
et tes paumes argentées
sur mes genoux,
mon rêve embrasse
le nord du néant
et je dors juqu\'aux confins
du bleu,
cette rue a la couleur de mon ombre
mes
Je te fume,
mes hanches se détendent,
la fumée de glace
s\'égoutte
sur le ventre rond des murs,
je te renifle,
mes os
se reflètent
dans le contour doux
de ton ombre.
je reprends la route
je découpe ses pas
sous le trottoir immunitaire
à mes talons verts,
je chasse une Eurydice transparente,
j\'essaie de l\'accorder
au bout
de la rue aux sons
tu me fais soif
tu me provoques des accidents cérébraux
et creuses dans ma peau
des sphères abouliques,
je garde encore sur ma rétine
un piercing lourd
ancien
avec l\'ombre
cette lave d\'or sur ta guitare,
l\'argent-bandage sur mes semelles
la danse des pas perdus
dans ta voix,
des clowns
qui poudrent les dahlias
sous mes masques
tes chansons
des statues avec
Il n\'y a rien de plus beau
au monde
que ta silhouette
souvent si fragile,
tes mains si graves et fines,
tes jeans parfaits,
tes cheveux d\'enfant blanc,
je veux goûter ta
aujourd\'hui je revois
les atomes de musique
dans ton sourire,
le son de tes doigts
qui se tordent violemment dans mes artères,
je me rappelle tes cheveux pâles,
le rythme aigu de mon
Toi,
brûlé par la Lune,
tes cheveux droits
accordant les doigts de la musique,
ton parfum naïf
tatouant les joues des papillons,
le sourire rouillé et chaud
caressant les hanches de la
la fuite des guitares,
de l\'organza sur mes épaules,
ta bouche de perle morte,
docile entre mes dents chaudes,
tend l\'arc du violet indiscret
de ta joue,
la pierre du désir
s\'enfonce dans
La mort a des reflets argentés
sur les joues de ton ange oisif,
tes mains se fardent avec ses plumes délicieuses,
tu meurs lentement,
la soif douce envahit les riffs dans tes artères,
ta bouche
tu ne te souviens plus
de mon nom,
tu as rayé le cierge de notre nuit,
je lèche impassiblement
la hache de tes soupirs
et de tes sons,
je te renifle depuis longtemps,
amère ivresse,
je ne te
je ne t\'aime plus,
les ciseaux ne sculptent plus
des chiens endormis
dans ma mémoire,
mon corps ne reflète plus
les miettes de la Lune
et ta silhouette improbable,
je ne nage plus dans le
des miettes de musique
entre tes rides
croquant mon visage de potassium,
toi, sourd et sonore
méprisant la géométrie raide
de mon amour,
un tableau lourd,
valise mnésique dans la rue aux
ta voix d\'hier
nid de miel,
orgue pétillant caressant la poussière
sur mes ongles,
tes sons d\'amour,
des clowns qui soupirent sur des pianos
au milieu de la rue travestie,
une fête ignoble
Je te désire
j\'écrase les gouttes de vin
dans ces verres pâles d\'envie,
je te veux
serré et nu
entre mes doigts fouillant la nuit jaune,
je te grave sur les rideaux,
sur mes