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Poème 8

Vingt poèmes d amour et une chanson désespérée

de Pablo Neruda(2004)

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Abeille blanche, ivre de miel, toi qui bourdonnes dans mon âme,
tu te tords en lentes spirales de fumée.
je suis le désespéré, la parole sans écho,
celui qui a tout eu, et qui a tout perdu.
Dernière amarre, en toi craque mon anxiété dernière.
En mon désert tu es la rose ultime.
Ah! silencieuse!
Ferme tes yeux profonds. La nuit y prend son vol.
Ah! dénude ton corps de craintive statue.
Tu as des yeux profonds où la nuit bat des ailes.
Et de frais bras de fleur et un giron de rose.
Et tes seins sont pareils à des escargots blancs.
Un papillon de nuit dort posé sur ton ventre.
Ah! silencieuse!
Voici la solitude et tu en es absente.
Il pleut. Le vent de mer chasse d\'errantes mouettes.
L\'eau marche les pieds nus par les routes mouillées.
Et la feuille de l\'arbre geint, comme un malade.
Abeille blanche, absente, en moi ton bourdon dure.
Tu revis dans le temps, mince et silencieuse.
Ah! silencieuse!

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Tip
Poezie
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Pablo Neruda. “Poème 8.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/pablo-neruda/poezie/poeme-8

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