Le solitaire
de Pablo Neruda(2017)
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Une cour d’école, simple et ensoleillée
entourée de masures aux murs couverts de mousse,
un peuplier qui dresse son jaune branchage,
un couloir très long, un rosier fait rose.
Le temps, le capricieux magicien qui affuble
de vêtements confus la quiétude des choses,
a tout rendu triste – et terreusement triste –
mais c’est une tristesse négligente et belle.
Superbe et orgueilleux le peuplier s’élève,
son branchage doré et puissant ondulant
au-dessus de la douce tristesse des choses.
Le peuplier dédaigne ce qui sous lui s’étend.
Il n’a pas un regard pour le rosier qui tend
vers lui l’odeur sacrée de ses dernières roses.
(Pablo Neruda in « Neruda par Skarmeta », Paris, Grasset, 2006, p. 225. Aussi in « Cahiers de Temuco », Paris, Éditions Le temps des Cerises, 2003)
