Le condor
de Pablo Neruda(2017)
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Mediu
Je suis le condor et je plane
au-dessus de toi qui t’avances
et soudain dans un tournoiement
de vent, de plumes et de griffes,
sur toi je fonds et je t’enlève
-cyclone qui siffle, impétueux,
et tout de froid tourbillonnant.
Jusqu’à ma tour de neige, là
où s’ouvre la nuit de mon antre,
je t’emporte et tu y vis seule
et ton corps se couvre de plumes
et tu te fais vol sur le monde,
immobile, dans la hauteur.
Condor femelle, élançons-nous
sur cette proie, rouge victime,
déchiquetons la vie qui passe
agitée de frémissements,
puis reprenons d’un seul élan,
ensemble, notre vol sauvage.
(Pablo Neruda, Les vers du Capitaine, 1952)
