Sonnet de la guirlande de roses
de Federico Garcia-Lorca(2011)
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Cette guirlande ! presse-toi !je meurs !
Tresse-la vite ! chante ! gémis ! chante !
Je sens l’ombre qui vient troubler ma gorge
et c’est Janvier qui luit pour la millième fois.
De moi à toi, de je t’aime à tu m’aimes,
un souffle d’astre et un frisson de plante,
une épaisseur d’anémones me font
gémir obscurément une année toute entière.
Jouis du frais paysage de ma blessure,
brise des joncs et de fins ruisselets,
et bois le miel de mon sang répandu.
Mais hâte-toi, pour que, dans une étreinte,
bouches brisées d’amour, âmes mordues,
le temps nous trouve ensemble déchirés.
Traduction d’André Belamich
(Federico Garcia Lorca, Sonnets de l’amour obscur.
Poésies IV)
