Poezie
Ultima thule
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il faut que je m’imagine les places où je ne suis pas allé
l’hospice où sade est mort le désert où
rimbaud a perdu son pied le lit où a halluciné
kleist
m’imaginer les infinitudes de la toundra les forêts sans fin
avec des hivers interminables le pacifique va dire de nous
combien je t’ai désirée jadis
et avec quelle profondeur
il faut que je m’imagine que tu es au-delà de la surface froide
des eaux obscures cachées
à ma reflexion
t’es au-delà de l’atlas d’un monde déchaîné
tu es ultima thule la fin de tous
mes rêves au-delà de la perte complète de la lucidité
la place où la folie se nourrit de la folie et les cœurs
de leurs douleurs
tu es la façon dont leonard ancuța sort de leonard ancuța
et ne revient jamais
comme une montre vidée de ses roues où ne reste que
le mouvement
l’explosion à l’intérieur de l’explosion
le désir caché dans le désir
comme le temps vidé de son histoire et de ses personnages
pour créer l’espace vital pour l’amour
oui
parle-moi de l’amour comme ce fut le notre
parle-moi par des signes par des gestes, des caresses
parle-moi dans le silence du sculpteur quand il fait sortir l’amour
de la pierre
chasse mes papillons pales qui s’écrasent contre la fenêtre
chasse mes chiens qui m’attendent sur le seuil pour aller
à la chasse
chasse mes chatons endormis de la fièvre de mon corps
dis-moi que l’amour
est seulement le rêve de la paroi blanche
dans une chambre vide
c’est un jour nouveau et ma barbe pousse comme celle d’un mort c’est une lumière nouvelle
fade sur le corps un soleil souffrant de grippe et des froids
je suis enterré vivant dans ma propre vie
loin de l’odeur de la neige
loin de l’odeur du sang frais des chiens déchirés par les oursons blancs
loin des aurores boréales comme ces murmures
quand tu veux t’allumer une cigarette après une vie entière
d’amour
qu’est-ce que c’est que l’amour sinon une volée d’oiseaux migrateurs
en laissant les nids un mois plus tôt
quand les saisons deviennent folles et les arbres se remplissent de cries
sans feuilles
mon cri est une cigarette fumée au bord de la fenêtre
sur les voitures qui hantent les rues comme des fourmis rouges
à la recherche d’un cadavre
les mains froides je tiens un café chaud et je ne lui sens l’arôme
je ne sens rien de plus j’ai perdu les sens l’odorat
après avoir lavé les vêtements que tu as portés le goût
c’est la moisissure des bises qui noircissent les lèvres
en les craquant
je ne vois plus mes yeux
je ne peux plus recomposer des objets de la chambre
le même décor
une fille pompette avec la cigarette allumée allongée entre les oreillers et les chatons
la peau qui palpite en blanc et en rose enrichissant
la lumière maigre
le monde qui m’entoure n’existe plus je me connecte à la planète entière
mécaniquement
comme un ver dans la pomme qui l’entoure
je fume et je dors par manque
je fume et je dors
je dors
j’ai la sensation que je vais tomber de mon lit directement au milieu de l’enfer
je m’arrache des accords longs de schulze
comme un enterré vivant
au-dessus d’une rue où les pas s’entendent
je m’allume une autre cigarette maintenant j’inspire le drap
de notre première nuit
de solitude
je n’entends plus ta voix je ne sens plus tes mains je sais seulement que t’es loin
dans l’ultima thule
l’ultime
je suis une descente dans l’abysse de la mélancolie seulement
la fumée m’attrape m’enlève une seconde avec
elle
l’amour peut être trouvé dans une seule nuit
tu copies les traits de quelqu’un qui te suit dans les moments de
folie
des souries empoisonnées nagent dans ton sang et la peau
est le linceul dans lequel les paramédicaux t’enveloppent
l’amour et la vie ne peuvent pas habiter le même âme
l’amour en soi c’est une vie
le chemin où tu transportes dans des sacs en plastique l’obscurité
d’un côté à l’autre
on va se rencontrer à l’ultima thule mon amour
on va se rencontrer où mes câlins seront la toile
d’araignée
où un papillon se bat
je ne vais pas mourir en même temps que l’amour
l’amour ne peut être la honte de rester vivant
après que tu fus partie
*
traduit du roumain par Bogdan Țopan
*
Lisez l’original en roumain:
http://batranutragator.wordpress.com/2013/01/11/ultima-thule/
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Despre aceasta lucrare
- Autor
- Leonard Ancuta
- Tip
- Poezie
- Cuvinte
- 740
- Citire
- 4 min
- Versuri
- 102
- Actualizat
Cum sa citezi
Leonard Ancuta. “Ultima thule.” Atelier, Poezie.ro, https://poezie.ro/atelier/leonard-ancuta/poezie/14021745/ultima-thuleComentarii (1)
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