La pluie a des ongles
en cuir,
dans les veines de cet automne amer
coulent les feuilles mortes
du souvenir
toi et moi
nous sommes devenus deux ailes
d\'un ange triste
et pervers.
Ton sourire violet,
tes mains papillons,
tes accords d\'Apollon mendiant
dessinent mes joues,
je t\'écoute,
je te serre dans mes mots,
tu es ma drogue,
moi,
l\'ombre
l\'attente
la
mon ange a des gants de fiel
et caresse mon front
chaque nuit d\'ivresse,
ses ailes
coulent dans mes os
et je redeviens femme
devant les portes d\'un paradis
amer
et sans souvenirs.
tes traces dans mes os,
tes pas qui fleurissent chaque automne
dans mon sang,
tes yeux en marbre
tes accords violets
mes masques sur un visage miroir
de l\'amertume
te cherchent encore dans
notre rue aux pierres droites,
sereines,
notre rue blanchie
par mille pas maladroits
attend notre retour,
le blues de tes pieds,
mes gants sur le trottoir...
je ne te vois plus
je ne devine plus la couleur de tes yeux
je cherche chaque jour
un portrait en crayon
d\'un amour-ombre
peint sur les trottoirs
je glisse entre tes pas
je ne te vois
mes pieds
au bord de la Lune,
aujourd\'hui
un chat amer et noir,
je gratte les rideaux
de cette nuit lascive
assise
sur mes cils ivres
et fluides,
cette nuit interminable
qui
aujourd\'hui mes yeux ont la couleur
de tes veines
je te devine parmi les fleurs du sang
je glisse dans tes os
je bois dans ton coeur
je suis vagabonde
dans ton corps
errante et lucide
je te
je n\'ai plus d\'os
je suis le serpent amer
je glisse dans cette rue
aux cigarettes d\'ivoire
ma peau coule sur le trottoir
parmi les pierres
tes pas entrent dans mon sang
je te respire
Je te vois
errant
lyre mauve aux mains
d\'un Apollon mendiant
moi,veine noire de ton portatif
c\'est la collection d\'automne des dieux
Fellini boit les mannequins
de ce cirque
on se
aujourd\'hui je coule devant mes veines
errante dans la rue aux pas
perdus
je te devine
parmi les cris violets
de tes os
de tes accords
et je redeviens pierre
serpent chétif
je respire ton