Le chemin des chansons
de Sabine Sicaud(2008)
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C’est la chanson du pauvre noir,
sa chanson de route.
Dans l’île de sa case où la nuit chaude écoute
cette chanson est née.
D’une voix basse et résignée
elle berce les pauvres noirs
dans toutes les îles.
C’est la chanson de l’Homme jaune
au fond des rizières.
Elle descend, remonte, monotone,
en jonque, le long des rivières.
Elle bourdonne au cœur des maisons de papier,
mais dit : dans mes bateaux de guerre
on m’entendra jusqu’au bout de la terre.
Par la chanson des hommes blancs
il faut plus d’instruments et des voix plus savantes.
Plus de ciel où monter,
plus de ciel d’où tomber,
dit l’Homme blanc qui chante.
Mais le chant du Peau-Rouge,
du guerrier, du chasseur, du cavalier Peau-Rouge,
du pirate Peau-Rouge et du sorcier Peau-Rouge,
sur la route perdue entre toutes les routes
qui le retrouvera?
(In Les poèmes de Sabine Sicaud, Paris, Stock, 1958)
