La fillette dont le parachute tarde à s’ouvrir
de Ronny Someck(2004)
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Mediu
Cette nuit j’ai ramassé des plumes sur l’épaule de ton ange
Et j’ai rêvé de l’instant où le corps s’abat sur le sol.
Quel dommage que je ne sois pas plombier de l’âme
Muni d’une lampe de poche qui se moque
Même du soleil, et la main qui nettoie la rouille
Du tuyau des rêves, un instant avant qu’elle
Ne pulvérise le mur qui tient prisonnier
Le mot
Maman.
De la fenêtre, on peut voir le sourire séducteur
Des autres femmes, piqué au bout de la canne à pêche lancée
Pour pêcher les mots dans la bouche des enfants.
Je voudrais leur dire, continuez de brandir les drapeaux
En l’honneur de chaque syllabe
Mais songez aussi aux drapeaux repliés au fin fond du corps
De ceux qui se taisent.
Attendez patiemment la procession du premier mot,
Les tambours de la main qui caressera,
Le vent qui fera vibrer les cordes du parachute
Qui tarde à s’ouvrir.
