Gérald Godin
(n. 13 Nov 1938)
"(Trois-Rivières, le 13 novembre 1938 - Montréal, le 12 octobre 1994). Poète, nouvelliste et romancier, Gérald Godin fait des études classiques au"
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Mal au pays
Par les coquerelles de parlement les crosseurs d’élections les patineurs de fantaisie les tarzans du salut public j’ai mal à mon
Tango de Montréal
Sept heures et demi du matin métro de Montréal c’est plein d’immigrants ça se lève de bonne heure ce monde-là le vieux cœur de la
Cantouque menteur
Les Louis Riel du dimanche les décapités de salon les pendus de fin de semaine les martyrs du café du coin les révolutavernes et les
T\'en souviens-tu, Godin ?
T\'en souviens-tu, Godin astheure que t\'es député t\'en souviens-tu de l\'homme qui frissonne qui attend l\'autobus du petit matin après son
Cantouque sans recours
Comment pourrais-je coucher avec toi m’allonger du long de ton flanc doux t’embrasser les seins te mordiller les tétins si je n’étais
J’y suis j’y reste pour ma liberté
Quand les bulldozers d\'Octobre entraient dans les maisons à cinq heures du matin Quand les défenseurs des Droits de l\'Homme étaient assis
Un jour
Un vendredi seize un vendredi de petit matin un vendredi du tabarnaque un de ces vendredis qu\'on aimerait mieux être mort que d\'en vivre le
Cantouque du retour
Arriver chez toi descendre dans ton cœur un soir d\'automne ou d\'ailleurs quand tu m\'as pris par la nuque à la naissance des cheveux j\'ai
Cœur d’oiseau
À Horatius Coclès Il y a des jacks épouvantables avec un cœur d’oiseau ils pleurent dans leur bière pour des fillettes sans nom des
À l’absentée
Souvent depuis que tu es partie je joue à si tu étais encore là je te parle je te parle je ne fais rien pour te déplaire mais veut veut pas le
Portage
Et j’arrive à un autre portage de toi ma lieuse ma fibreuse mon paquet de nerfs avec un poème en bandoulière et des blessures de canot
Pays
J\'ai vu le soleil se lever dans tant et tant de pays je ne savais plus lequel était le mien le jour oscillait lampe incertaine dans ma
Ses mots
\"Quand je veux délasser mon esprit, ce n\'est pas l\'honneur que je cherche, c\'est la liberté.\" La langue de ma mère a des mots pour
La prochaine fois
D’autres fois, on sautait ensemble dans le lit des voiliers de rires passaient dans la chambre et se posaient dans les étangs de ta peau je
Bruits
Des clés désolées grincent aux portes de nos cœurs et déchirent la trame mince où s’allie le rire aux pleurs noirs sont les lauriers-saules de
Stèle
Qu’est-ce qu’il y a dans la tête d’un homme qu’est-ce qui traverse son esprit quand il se recueille et s’incline quelques secondes devant la
L’amour
Elle me mène aux portes de la folie et me laisse là qui pleure même pas une main tendue un regard qui rassure dans le plus profond des bois là
Bref hommage au soleil
Il m’improvise et me dénoyaute m’étampe et m’acrostiche me queloue et me requeloue me clapote et me pelote lorsqu’elle m’émeut et me
Doute
Se peut-il que parfois je t’en veuille de tant t’aimer de t’avoir tant de fois préférée à une autre (Gérald Godin, Poèmes de route, 1988)
Meurtre
Il pleut du sang et des râles plaintifs et des cris brefs des poulets que je tue les balançant par les ailes leur brisant le cou au coin du
Deuil
Ma petite sœur est morte et froide entre mes bras le vent siffle sous les portes le cortège marche au pas ma petite sœur est morte ne me
Fleuve
Fleuve du dragon dans l\'horoscope chinois brindille ou pitoune autant du vent des grands fonds inconnus autant de l\'air des mouvements
Ciel de poèmes
Chacun des mots de ma langue a écrit son histoire bien à lui ce sont des mots qui viennent de loin portés dans la laine des troupeaux qui
Vague
Le tapis de mousse sur les racines se soulève quand le vent ploie les arbres la mousse verte est comme la mer et fait tanguer le
L’amour lui-même
Et que tremble au moins la main quand la balle part ils ne sont pas de ceux qui prennent le monde par la taille ils ne sont pas de ceux qui
Trois-Pistoles
Parlement des loups-marins évachés sur les pierres borborygmes des océans séchoirs à cormorans moucherolles et pimbinas chevaliers des
Parce que
Parce que chaque atome de chaque objet le fait exprès pour le contredire manche de manteau manche de veston chaque atome de chaque bouton de
Vers toi
Dans des lambeaux d\'arc-en-ciel courtines de bleu parc Champlain belle paire de tertres dans l\'air d\'automne un amour est passé chenal de
L’étrangère
Elle lui avait pourtant dit dès le premier soir à l’heure où ses mains sont entrées sous ses jupes comme un oiseau dans la maison un jour tu
Clodomir Clodomir …
Clodomir Clodomir mon chien sale les puces que tu me passes par centaine as-tu au moins gardé la tienne Clodomir Clodomir bien entendu ton
Saint-Jean
Sur la route de Saint-Jean il avait vu dans les arbres en automne des oiseaux qui se prenaient pour des fruits (Gérald Godin, Soirs sans atout,
Los años locos
Les livres étaient interdits on les distribuait la nuit dans des camions banalisés et les policiers déguisés en monde ordinaire pensaient
L\'entre-saison
Vienne novembre aux portes de la ville morte les nuages se bousculent hargneux comme des bêtes j\'entends le frisson de la terre
Chez Harry
Au général Morpione C\'était une génération de produits hautement inflammables hommes d\'amadou hommes d\'attisée hommes en fagots qui ne
Chaleurs
L\'été fondait sur nous proies des désirs le rose des lèvres de juments les naseaux des chevaux les saillies des taureaux l\'été nous emportait
Rue de Châtillon
Montaison de saumons dans les cris d’instinct des graviers natals je t’attends de tout mon sang je claque au vent des désirs et je me
Bref hommage au vent
Vents d’outremer et de poudreries vents qui ouignent et qui geignent vents des brumes et des brames vents de l’œuf et du lof pour lof vents
C’est mal vêtu …
C’est mal vêtu qu’à la lumière il parut aux carrefours il prenait des villes le pouls comme au jusant le vent à la mer vole en secret son
La route de L. P.
Dans l’enceinte de tes bras ville fortifiée la mer intérieure de tes yeux une armada de baisers sur les pétales de ta bouche navires de tous mes
De Norvège venue …
De Norvège venue la potentille son potentat exerçait sur la passiflore et le panais c’était Via Veneto z’aviez des gants de filoselle et je
Vous belles épaves …
Vous belles épaves de mes anciennes magies d’un philosophe scandinave j’ai comme la nostalgie Sören, Sören ma vigie dieux ! que d’élégies
Tant de pluies ...
Tant de pluies et tant d’étoiles me laisseront-ils courir en pieds de bas chez Rutebeuf et chez Charley ? la peau de chien qu’on a sur le
Cantouque de la fin de semaine
Les mains pleines d’ampoules je prends le malheur à bras-le-corps à pic hier, en maudit à soir en hostie demain le motton tout le temps je
Jalousie
L’entrechoquement de nuit la trame osseuse des amoureux galopades éperdues je vivais seul derrière la grande muraille des rires j’étais à la
Porte dérobée
Les dates ni même les années n’avaient plus d’importance la page était tournée la porte fermée à clef la maison abandonnée la lampe brisée
Juin 68
C’était la saison des crânes brisés des photos triomphantes devant des monuments les monuments des autres c’était la saison des crânes
