Malgré Verlaine, Hugo...
de Georges Brassens(2010)
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Malgré Verlaine, Hugo, le rêveur à nacelles,
Le beau Grec qui mourut en se frappant le front,
La Fontaine, Villon et tous ceux, toutes celles
Qui ont chanté, qui chantent et chanteront,
Tes sons auront toujours, ô langue, ô jouvencelle
Antique, des baisers neufs pavoiseront
Le ciel le plus obscur de gerbes d\'étincelles.
C\'est là notre motif d\'agir en fanfaron.
Et quand, réduits à rien devant l\'oeuvre intraitable
De ces dieux dissolvants le mythe de l\'étable,
Nous jetons notre lyre et tombons à genoux,
Une voix de nos coeurs monte, douce, illicite,
Nous fait accroire que leur seule réussite
Fut de naître, de vivre et d\'écrire avant nous.
Lors, fanatiquement, notre amour ressuscite.
1 et 2 novembre 1945
(Georges Brassens, Poèmes retrouvés, 1939-1946)
