Poezie
La patriarche
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La Patriarche
La matronne a des mains âpres
Trait,pétrit des pains,
Laboure les lopins de terre-
Des jardins de survie,
Remplit les matelas
De fleurs des champs
Si fortes en arômes,
Allume le feu dans l’âtre,
Pose des cierges à l’Est,
Au soleil levant,
Se signe,
Eperdue,collée à l’écorce noire
Du noyer centenaire et
Elle parle toute seule
Sous la couronne maudite,
Qui garde la rosée des pensées
A l’orée du silence...
Dévêtue de paroles d’amour ,
Elle enlève son fichu noir,
Dégrafe le chignon sombre,
Verse dans ses paumes
Une goutte de pétrole lampant,
Peigne et démêle lentement
Ses cheveux,cette féminité cachée
Suprême,si rare-
Ses nattes longues tombent
Sur ces cuisses,
Qui ont libéré
Des torrents de sang fou,
Abrités dans la poitrine
Et la bouche sauvage
De son homme d’antan,
Ce prisonnier perdu,
Autrefois attendri,
Dans l’immensité noire,
De leur humble
Lit de vie
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