Le soleil s’en va…
de Tarass Chevtchenko(2022)
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Le soleil s’en va, les monts s’obscurcissent,
L’oiseau se tait, le champ devient muet,
Le proche repos réjouit les gens,
Et moi je regarde et mon cœur s’envole
Vers un jardinet sombre de l’Ukraine.
Et je m’envole et je m’envole et rêve;
Pendant ce temps mon cœur trouve la paix.
Le champ devient noir, noirs les bois, les monts,
La première étoile apparaît au ciel.
L’étoile ! L’étoile ! Et les larmes tombent.
Oh ! t’es-tu levée en Ukraine aussi ?
Là-bas les yeux bruns te recherchent-ils
Aussi dans le ciel ? Ou bien ils oublient ?
S’ils ont oublié, qu’ils s’endorment donc
Et sur mon destin qu’ils ne sachent rien.
Forteresse d’Orsk
1847.
Traduit par Eugène Guillevic
(In Maxime Rilsky et Alexandre Deitch, Tarass Chevtchenko, Paris, Seghers, (Poètes d’aujourd’hui no 110), 1964, pp. 73)
