À Likeria
de Tarass Chevtchenko(2013)
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En souvenir du 5 août 1960.
Ma bien-aimée ! Ô mon amie !
Pour nous pas de foi sans la croix,
Pour nous pas de foi sans le pope,
Pour les esclaves impuissants,
Endormis comme des cochons
Dans la mare, dans l’esclavage.
Ma bien-aimée ! Ô mon amie !
Ne te signe pas ni ne jure
Et ne supplie personne au monde.
Sinon les gens te mentiront,
Et le Sabaoth byzantin
Te dupera. Seul le vrai Dieu
Ne ment pas et n’a pas besoin
De punir et de pardonner,
Parce que nous sommes des hommes
Et ne sommes pas des esclaves.
Ma bien-aimée ! Que tu souries,
Et que ton âme libre et sainte
Et ta main libre, mon amie,
Tu me les donnes. Lui voudra
Nous aider à franchir la mare,
À supporter tout le malheur,
Oublier dans une chaumière
Joyeuse et calme ce grand mal.
Le 5 août 1860
Strelna.
Traduit par Eugène Guillevic
(Eugène Guillevic, Tarass Chevtchenko, Paris, Seghers, (Poètes d’aujourd’hui no 110), 1964, pp. 75-76)
Note
Likeria Polousmakova, serve et femme de chambre chez M. Makarov, propriétaire à Saint-Petersbourg. Chevtchenko voulut l’épouser mais cette union n’eut pas de suite.
