La tristesse
de René-Guy Cadou(2009)
1 min lectură
Mediu
Embarqués dans le train de nuit qui ne s’arrête jamais
Sans avarie possible de machine sans espoir
D’entendre battre au loin une petite gare
Ses volets verts et la pluie grise de son timbre
Mais la grande fuite éperdue dans une éternité malingre
Anna ma mère dans la couchette du wagon
Et mon père au-dessus qui la protège de son affection
Je vous vois l’un et l’autre dans ce même lit où je suis né
Je suis couché entre vous deux
Et vous n’avez plus de place pour vous retourner
Je prends dans mes deux mains vos deux mains qui s’éteignent
Pour qu’elles soient chaudes et farineuses comme des châtaignes
Quand la braise d’hiver les a longtemps mûries
Ah ! Croyez-moi ! je ne sais rien de plus atroce
Que de vous laisser partir seuls pour ce voyage de noces
Que d’attendre durant des mois et des années
Derrière la fenêtre étroite et grillagée
Le passage de l’ange essoufflé qui m’appelle
À l’aubette perdue dans les genêts du ciel
Où le train qui vous mène est enfin arrêté.
(René-Guy CADOU, Les sept péchés capitaux, 1949)
Despre aceasta lucrare
- Autor
- René-Guy Cadou
- Tip
- Poezie
- An
- 2009
- Cuvinte
- 185
- Citire
- 1 min
- Versuri
- 21
- Actualizat
Cum sa citezi
René-Guy Cadou. “La tristesse.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/rene-guy-cadou/poezie/la-tristesseIntrebari frecvente
Comentarii (0)
Autentifica-te pentru a lasa un comentariu.
