Terre
de Olivier Deck(2003)
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Te retrouverai-je un jour
terre de mon enfance ?
Terre de montagne
de collines, de gaves
de rêve
à perte d’imagination et d’espoir
Sentirai-je encore
le parfum des fenaisons
d’un mois de juillet pyrénéen?
Le sentirai-je vraiment
comme je le sentais alors ?
Sentirai-je encore
l’odeur de vase
des berges du gave
dans le matin d’albâtre
d’un creux de Béarn?
Je t’ai perdue
sans jamais te quitter
Le temps
c’est le temps
qui t’as ravie à moi
La marche sans repos
des jours
Intangible terre
je te croyais à prendre
tu es insaisissable
et mystérieuse
comme les oiseaux migrateurs
qui sillonnent tes automnes
Lorsque je repasse par la vallée
dans l’odeur du foin coupé
je sais que je t’ai perdue
Lorsque je marche dans les collines
parmi le bruissement des arbres
Et des ruisseaux
je sais que je t’ai perdue
Lorsque j’entends
la mélodie de tes averses
le chant de tes nuages
sous les cordes de ma guitare
je sais que je t’ai perdue
Quelle tristesse m’envahit
alors
d’avoir vécu trop vite
d’avoir vécu déjà
Non, oh non
je ne t’ai pas perdue
ma terre !
Je te porte en moi
je te réinvente chaque jour
je te porte dans mon chant
Ce n’est pas toi
ce n’est pas toi
que j’ai perdue
C’est mon enfance
c’est mon enfance
Elle qui attendait tant
d’aujourd’hui
Cet aujourd’hui
qui sans trêve la cherche
Enfance, mon enfance
te retrouverai-je
échouée
sur la grève d’un poème ?
Entre les galets gris et bleus et blancs
comme des mots roulés
par les flots incertains
Te retrouverai-je
dans un dernier songe clair ?
