Granada
de Olivier Deck(2003)
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Mediu
Entre les oliviers
et les cyprès
se perd la trace
de mes rêves d’hier
J’étais ici
verre de vin
dans une main
Dans l’autre main
le sable d’une arène
dont les gradins me protégeaient
du monde
Le sol tremble
quand la nuit affûte
sa lame d’albâtre
Crépuscule
vacille la lumière
et les bougies s’éteignent
au chevet des mourants
Alors l’histoire des hommes
mugit comme une mer lointaine
dans le sein des feuillages
(… grappes
de jeunes femmes
offrent leurs nombrils
aux rues acides
cognent les pare-chocs
flics sifflent, gesticulent, punissent
et les touristes
en coulée de boue bigarrée
s’arrachent les lambeaux
d’une âme vendue
aux tambourins.
De temps en temps
levant les yeux vers le ciel jaune
je me demande où est la beauté
la neige est sale
au somment des montagnes.
Sais-tu
qu’en assassinant la neige
c’est ton âme que tu assassines ?)
Je suis le vent
Chargé de regrets inépuisables
Le vent qui rit
au bec de l’hirondelle
évadée
de la geôle des averses
Le vent qui galope sur les névés
hurle au fond des abîmes
J’ai franchi
la herse de la pluie
me voici goutte
coulant le long
d\'un long rayon de nuit
vers ce berceau d’ombre et de lumière
Écoute bien
voici mon chant
comme l’eau des jardins
sonore et fuyante
A jamais en partance.
