Cellule sans murs
de Mahmud Darwish(2008)
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Comme d’habitude
Ma cellule m’a sauvé du trépas,
De l’engourdissement de la pensée et des ruses
Pour venir à bout d’une idée éculée.
À son plafond, j’ai vu le visage de ma liberté,
Le jardin d’orangers,
Et les noms de ceux qui, hier, égarèrent leurs noms
Dans la tourbe des champs de bataille.
Je le confesse ici,
L’aveu est si beau,
Ne sois pas triste le dimanche,
Et annonce aux gens du village
Le report de nos noces
Aux premiers jours de l’année.
Les oiseaux s’échappent de mon poing,
L’astre s’éloigne de moi…et le jasmin.
Les danseurs se font moins nombreux
Et ta voix se fane trop tôt.
Mais comme d’habitude
Ma cellule
M’a sauvé du trépas.
Ma cellule…
À son plafond, j’ai vu le visage de ma liberté
Et ton front a resplendi sur ses murs…
1969
(Mahmoud Darwich, La terre nous est étroite et autres poèmes)
