Vivante ou morte ...
de Jules Supervielle(2005)
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Vivante ou morte, ô toi qui me connais si bien,
Laisse-moi t\'approcher à la façon des hommes
Il fait nuit dans la pièce où tremble un oreiller
Comme un voilier qui sent venir la haute mer,
Et je ne comprends pas si je suis l\'équipage
Ou l\'adieu d\'un bras nu resté sur le rivage.
Ah que j\'arrête un jour ta chair à la dérive,
Toi qui vas éludant mon désir et le tien,
Au large de mes mains, qu\'escortent des abîmes,
Quand mes pieds pour appui n\'auront qu\'un frêle bruit.
Un bruit de petit jour étouffé de ténèbres
Mais capable pourtant de toucher ta fenêtre
Et de la faire ouvrir.
