Supplique
Le forçat innocent
de Jules Supervielle(2005)
2 min lectură
Mediu
O morts, n\'avez-vous pas encore appris à mourir
Quand il suffit de fermer les yeux une fois pour toutes
Jusqu\'à ce que disparaisse ce picotement des paupières
Et cette jalousie ?
Laissez reprendre à l\'amour le cours de sa rêverie
Et que nos jours revendiquent la verdeur de la prairie.
Ne posez pas ainsi vos doigts sur le coeur des hommes vivants
Pour causer nos intermittences
Et les commenter tout le long
De votre langage sans mots.
N\'approchez pas de nous la nuit
Pour nous verser la maladie,
Ne vous mélangez pas à nos pensées
Comme le sang frais aux bêtes blessées.
N\'arrêtez pas notre main, elle n\'est pas à vous !
Ne regardez pas ainsi nos attaches, nos genoux.
Laissez le fruit mûrir au fond de son loisir
Et sans que le pourrisse un brusque repentir.
Ce cheval qui trotte, ce chien, ce corbeau,
Laissez-les, c\'est leur tour, allonger le dos.
C\'est l\'heure où les enfants aux âmes imagées
Montent pour les descendre les déconcertants escaliers.
Que l\'on regarde la vie aller à ses rendez-vous
Dès le premier pigeon du jour jusqu\'à la nuit noire des loups.
Que la pierre du chemin lorsque nul ne la regarde
Puisse changer un peu de place avant de reprendre sa garde.
Et que même des villages les plus voués à la terre
On entende se former le corail au fond des mers.
Despre aceasta lucrare
- Autor
- Jules Supervielle
- Tip
- Poezie
- An
- 2005
- Cuvinte
- 230
- Citire
- 2 min
- Versuri
- 28
- Actualizat
Cum sa citezi
Jules Supervielle. “Supplique.” Clasici, Poezie.ro, https://poezie.ro/clasici/jules-supervielle/poezie/suppliqueIntrebari frecvente
Comentarii (0)
Autentifica-te pentru a lasa un comentariu.
